DIAGNOSTIC TERRITORIAL : population et formation

Comme la consultation de la communauté de Communes Loches Sud Touraine (CCLST) relative à son « Projet de territoire » auprès de la population, des élus municipaux et communautaires se fait sans diagnostic territorial (voir l’article « A vos agendas »), nous avons décidé à partir de deux documents émanant de la Région Centre Val de Loire (*), de porter à votre connaissance l’état des lieux de notre territoire.

Après avoir abordé dans un précédent article la structure de notre économie locale (voir l’article « Diagnostic territorial : l’économie »), voici aujourd’hui celle de la population et de la formation.

Démographie territoriale :

Le territoire est majoritairement rural, avec de faibles densités de population.
Mais ses franges Nord sont sous l’influence de l’agglomération tourangelle.

Plusieurs pôles structurent le bassin :
Le plus important, celui de Loches qui accueille 11 % des habitants et 25 % des emplois du territoire . Loches fait partie de l’unité urbaine Loches (**) qui accueille 18 % de la population et 30 % des emplois du territoire.

Le territoire est maillé par des pôles relais : Descartes situé à l’ouest et Ligueil au centre.

Croissance démographique liée à un solde migratoire élevé :

Entre 2007 et 2012, le territoire affiche une croissance de population de 0,3 % par an en moyenne, équivalente à la moyenne régionale. Cette croissance est uniquement portée par un solde migratoire (entrées-sorties du territoire) très élevé (0,5 % par an en moyenne contre 0,1 % par an en Région).

Les Communes qui enregistrent les soldes migratoires les plus élevés se situent au Nord du territoire et à proximité des pôles structurants, Loches et Ligueil notamment.

Quant au solde naturel, il est négatif sur la dernière période (-0,3 % par an en moyenne). Ce taux est constant depuis plusieurs années. Le Sud du territoire et les franges Est restent particulièrement concernées par des soldes naturels négatifs, qui sont les témoins d’un vieillissement de la population. Ces Communes subissent une perte démographique.

Le pôle relais de Descartes perd également des habitants (-0,5 % par an) en raison des soldes naturels négatifs.

L’unité urbaine (**) de Loches voit en revanche son nombre d’habitants augmenter (+0,3 % par an entre 2007 et 2012) mais aux dépends de la ville centre (-0,3 % par an en moyenne).

Un vieillissement très important de la population dans les prochaines années :

Actuellement, la part des moins de 20 ans est inférieure à la moyenne régionale (21 % contre 24 %) et celle des 60 ans et plus (33 %) est nettement supérieure à la moyenne régionale (26 %).

À l’horizon 2030, selon les projections de l’INSEE, le territoire connaîtrait un vieillissement important de sa population : les moins de 20 ans représenteraient 20,5 % de la population du territoire (contre 23 % en région), quant aux 60 ans et plus, ils représenteraient 40 % de la population (contre 32 % en région). Ainsi, à l’horizon 2030, la part des personnes âgées dans la population gagnerait 7 points (contre 6 en région).

Un revenu médian faible avec de fortes inégalités territoriales :

En 2012, le revenu fiscal médian par unité de consommation du territoire s’établit à 17 910 euros, soit 1 714 euros de moins qu’en région Centre-Val de Loire. Autrement dit, la moitié des habitants du bassin appartient à un ménage qui déclare un revenu par unité de consommation inférieur à 17 910 euros.

La structure par catégorie socioprofessionnelle de la population contribue à expliquer le niveau de revenu légèrement moins élevé qu’en moyenne. En effet, le territoire se caractérise par un poids plus important d’ouvriers.

La répartition des revenus sur le bassin met en exergue une forte disparité entre les Communes. Avec un revenu médian par unité de consommation d’environ 14 840 euros pour la Commune ayant le plus faible revenu médian à 21 390 euros pour la commune ayant le revenu médian le plus important, soit 1,4 fois plus élevé.

Avec un revenu médian par unité de consommation de 17 500 euros, Loches figure parmi les communes dont le niveau de vie est moyen.

Le niveau médian partage le territoire en deux : les Communes dont le niveau est le plus faible se situent majoritairement dans la moitié sud du bassin, tandis que celles ayant le niveau de vie le plus élevé sont au nord.

S’agissant du type de revenus, la part des revenus salariaux est inférieure à la moyenne régionale (52,1% contre 60,2% en région). Elle est contrebalancée par une proportion des pensions et retraites plus importante sur le bassin que sur la région (33,4% contre 28,6% en moyenne régionale), en lien avec la forte proportion de retraités : ils représentent 37,9% de la population contre 30,4% à l’échelle régionale.

La part des revenus des professions non salariées sur le bassin est supérieure à celle de la Région, la proportion des artisans-commerçants et celle des agriculteurs étant plus élevées qu’en moyenne régionale.

La population active :

Reflet du caractère industriel et rural du territoire, la population active résidente se caractérise par une part plus élevée qu’en moyenne régionale d’ouvriers et d’agriculteurs : ils représentent respectivement 29,2% et 5,5% des actifs du bassin contre 26,4% et 1,9% en région.

Toutefois, ils sont proportionnellement moins nombreux qu’en 2007 puisque la part des ouvriers a diminué de 0,8 point et celle des agriculteurs de 0,7 point.

Les artisans-commerçants sont également bien représentés dans le territoire : ils occupent 8,1% de la population active du territoire contre 5,5% en Région.

De même, les employés occupent comme en moyenne régionale 29,1% de la population active du territoire, une proportion en baisse entre 2007 et 2012 (-0,9 point).

A l’inverse, la part des professions intermédiaires est moins importante dans le territoire qu’au niveau régional (19,8% contre 24,2% en région), tout comme celle des cadres et des professions intellectuelles supérieures (7,5% contre 11,9% en région).

Alors que la part des professions intermédiaires a progressé de 1,5 point entre 2007 et 2012, celle des cadres stagne.

Niveau de diplôme de la population :

La structure socioprofessionnelle du territoire est liée au niveau de diplôme de sa population.

Ainsi, le territoire se caractérise par un niveau de formation nettement moins élevé qu’en moyenne régionale et par une proportion importante de peu ou pas de diplômés :

50,4% de la population est titulaire d’un diplôme équivalent ou inférieur au CAP ou BEP (45,4% en région) et 19,9% n’a aucun diplôme (17,3% en région). Le diplôme le plus courant est le CAP-BEP : 28 % sur le territoire.

A l’inverse, la part des titulaires d’un diplôme supérieur ou équivalent au BAC ou brevet professionnel (29,8%) est plus faible qu’en région (37,1%).

Structures de formation initiale :

Au sein du cycle du second degré, on trouve principalement des lycéens préparant un baccalauréat général et technologique ou professionnel (83%, niveau 4).

La proportion de jeunes préparant un bac général et technologique est plus conséquente qu’au niveau régional et peut s’expliquer par la taille du territoire, qui implique une offre de formation plutôt réduite et donc un repli mécanique vers ce diplôme traditionnellement majoritaire.

Le reste des effectifs du second cycle est notamment constitué de jeunes préparant un certificat d’aptitudes professionnelles ou une mention complémentaire de niveau 5.

L’apprentissage dans le territoire est présent au lycée E. Delataille (***) et à la maison familiale rurale du Lochois. La quasi-totalité des apprentis qui résident dans le territoire va se former dans les CFA du bassin de vie de Tours.

L’enseignement supérieur est également concentré dans le bassin de Tours, à proximité de celui de Loches. Le bassin de Tours accueille en effet l’un des deux grands pôles d’enseignement supérieur de la région. Désormais, c’est le bassin de vie de Tours qui accueille les poursuites d’études post-baccalauréat.

Le lycée A. de Vigny accueille le plus grand nombre d’effectifs du territoire.

Il est implanté en périphérie de la ville de Loches et se situe près du collège Georges Besse et du lycée Emile Delataille (***) (labellisé « lycée des métiers du bois, du décolletage et des services »), avec lesquels il forme une cité scolaire complète. Il est desservi par un réseau de transports en commun couvrant tout le secteur rural de la Touraine du Sud.

Le bassin de vie accueille aussi une maison familiale rurale. Comme pour les CFA, les formations qu’elle propose reposent sur le principe de l’alternance.

Structures de formation continue :

L’offre de formation qualifiante pour les publics demandeurs d’emploi du territoire cible prioritairement les métiers de l’industrie, du sanitaire, de l’agriculture, de la relation clientèle à distance des centres d’appels et du tertiaire. L’offre totale représente une centaine de places par an.

Dans le domaine forestier, soulignons la présence de deux formations uniques en région Centre-Val de Loire, notamment dans les domaines du bûcheronnage et des travaux de sylviculture. Elles sont dispensées au sein de la Maison Familiale Rurale et attirent des demandeurs d’emploi de toute la région.

Une autre spécificité du territoire, portée et développée par l’AFTEC, est la présence d’un plateau technique dédié aux métiers de la relation clientèle. Celui-ci permet de former chaque année des futurs conseillers relation client à distance. L’existence de ce plateau et d’une action de formation constitue un outil de valorisation des compétences du territoire. D’ailleurs, le premier recruteur demeure une entreprise de ce secteur d’activité.

Le domaine du bâtiment est valorisé par la mise en place d’une formation de CAP « Agent de maintenance des bâtiments de collectivité » au sein de l’organisme Centre de Formation Continue Ste Jeanne d’Arc pour répondre aux besoins de professionnels polyvalents dans ce secteur.

En 2016, la Région s’est appuyée sur le dispositif Fonds Ré-actif pour répondre à une offre conjoncturelle dans le domaine de l’hôtellerie-restaurant en prenant appui notamment sur les travaux de la GPEC : le CAP agent polyvalent de restauration dont la mise en œuvre est confiée au GRETA 37.

Par ailleurs, une action qui existe depuis 2015 renforce la formation des demandeurs d’emploi dans le secteur du sanitaire et social: le CAPA Service en milieu rural (Certificat d’Aptitude Professionnelle Agricole).

Enfin, le secteur industriel est présent avec la mise en œuvre d’une formation de soudeur avec l’IFCA.

Sur le volet non qualifiant, des actions visant l’élaboration de projet, la découverte de métiers multi-filières et la préparation de concours dans le sanitaire font l’objet d’une programmation annuelle avec 70 places.
Les actions de ce type permettent de développer des compétences techniques et de créer une passerelle vers la qualification.

Au titre des savoirs de base, l’offre de visas est déclinée sur le territoire à travers 6 types de visas : le visa Trois en un, Bureautic, Langues vivantes, Internet, Eco citoyen et Compétences d’avenir.

Par ailleurs, le territoire dispose de plusieurs structures œuvrant dans les domaines de l’insertion par l’Activité Économique, à titre d’exemple :
• Orchis
• L’entraide lochoise et l’Entraide de la Touraine du Sud
• Ce Qu’il Faut Travailler

Intervient également sur le territoire, le Groupement d’Employeurs pour l’Insertion et la Qualification, Bâtiment et Travaux. S‘ajoute à cela la présence de trois ESAT sur le territoire : ESAT des Tissandier à Loches, foyer de Cluny à Ligueil et la fédération APAHJ à Bridoré, et une entreprise adaptée à Descartes.

Notons aussi la création récente par l’ADAPEI d’un service expérimental pour l’insertion au sens large du terme de jeunes souffrant de handicaps mentaux à Beaulieu les Loches.

Voici pour ce volet « population et formation ». Nous rappelons que nous n’avons fait preuve d’aucune créativité dans cet article, nous contentant de retranscrire sans commentaire ce qui est contenu dans les deux documents régionaux.

Dans le prochain article nous nous intéresserons aux volets population et formation (voir l’article « Diagnostic territorial : services à la population »).

(*) Contrat Régional de Pays 3eme génération 2013 2018, cosigné par le Pays de Touraine Côté Sud et la Région Centre Val de Loire et Regard sur le bassin de vie de Loches. Ambitions 2020. Edition : octobre 2016. Auteur : Région Centre Val de Loire.

(**) au sens de l’INSEE , une unité urbaine est un ensemble de Communes présentant une zone de bâti continu, qui compte au moins 2000 habitants. L’unité urbaine de Loches est composée de 4 Communes : Loches, Perrusson, Beaulieu les Loches et Ferrière sur Beaulieu

(***) les lycées Emile Delataille et Alfred de Vigny ont fusionné le 01er septembre 2017 pour devenir le lycée Thérèse Planiol.

Les caractères en bleu sont des citations orales ou écrites
Voir article: pointez le titre, cliquez, et l’article s’ouvre

ISSN 2610-5942

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