GÉRARD HÉNAULT RÉPOND: Dernières questions

Gérard Hénault, président de la communauté de Communes Loches Sud Touraine (CCLST), était l’invité du conseil municipal de Ligueil du 25 mai 2018. Nous avons porté à votre connaissance ses réponses relatives à la question des déchets ménagers (voir l’article « Gérard Hénault répond : les déchets ménagers »), de l’eau potable (voir l’article « Gérard Hénault répond : l’eau potable ») et des gens du voyage (voir l’article « Gérard Hénault répond : les gens du voyage »).

Voici le quatrième thème abordé : le Bureau d’Information Touristique (BIT).

Question de Rodolphe Ballu, conseiller municipal de la majorité :

« Je souhaiterais vous alerter sur le problème du BIT, en effet, il a été prévu la fermeture totale de celui de Ligueil pour cette année 2018.

Une réouverture partielle en 2019, pour quatre mois, en un lieu qui reste à déterminer, est évoquée, en vue d’une évaluation, quant à la pertinence d’avoir un BIT à Ligueil. Il me semblerait souhaitable que cette évaluation soit effectuée dès 2018.

De plus, la compétence tourisme est une compétence de la com-com [CCLST] et non communale or il va être demandé aux secrétaires de Mairie, notamment, un travail supplémentaire dont elles n’ont pas besoin. Je ne parle même pas de la baisse inévitable de qualité des prestations offertes aux touristes.

Enfin je remarque qu’au Louroux, la présence de la com-com disparait, remplacée par une association locale. N’est-il pas étrange que seul l’ex territoire du Grand Ligueillois se voit dépourvu de BIT ?

En conclusion, pourriez-vous nous indiquer, si un plan pour l’avenir du bâtiment, résidence actuelle du BIT de Ligueil, est prévu ? »

Nous avons déjà consacré un article entier à ce thème de la fermeture du Bureau de l’Office de Tourisme de Ligueil (voir l’article « Table rase de l’Office de Tourisme » ). Aussi ne restituerons ici que ce qui ne figurait pas déjà dans le premier article.

Gérard Hénault :

« Merci pour cette question. Je vous avoue que cela ne me met pas très à l’aise. Il faut que je resitue un peu : la responsabilité des bureaux d’information touristique incombe à l’EPIC [établissement public à caractère industriel et commercial]. C’est un organisme parallèle à la communauté de Communes puisqu’on le finance très largement, c’est donc fatalement un ami. Qui est sous la responsabilité d’une élue de Loches qui s’intéresse beaucoup à la culture et au tourisme bien entendu, qui est madame Gerves.

Elle est venue me dire un jour « les chiffres de fréquentation du bureau d’information touristique de Ligueil sont catastrophiques » ce qui est vrai. On a un total de 316 personnes sur l’année. On s’aperçoit que chaque personne qui pousse la porte nous coûte une fortune, sauf que s’il y en a moins ça va coûter encore plus cher. C’est là que je dis que l’exercice a ses limites. Mais ça parle fort parce qu’à chaque visiteur ça coûte 75 euros.

Madame Gerves dit « on ferme ». Je ne suis pas contre, en plus on dit qu’il n’est pas trop bien placé. On me dit qu’on va voir pendant un moment de faire la compensation à la Mairie. Moi très honnêtement je n’ai pas vu d’inconvénients.

Dans votre question, vous parlez de la charge financière que cela représente [pour la Commune]. Je l’entends et je ne sais pas trop quoi vous dire.

Mais je crois qu’il y a des discussions avec madame Gerves et…. »

Michel Guignaudeau, Maire de Ligueil :

« Oui, elle a reçu Peony [de la Porte des Vaux] mais cela n’a pas fait bouger les lignes.

Moi j’ai toujours pensé qu’un personnel de communauté de Communes au BIT de Ligueil toute l’année c’était excessif. Quand j’ai été élu [président] au Grand Ligueillois, j’ai trouvé la situation. Le calcul de madame Gerves est vrai et faux en même temps : il est vrai si on répartit sur 12 mois, mais sur mai, juin, juillet et août et bien on est dans les prix moyens du touriste [ramené] à l’employé de la communauté de Communes. Comme ailleurs. On n’a jamais demandé que l’employé soit là 12 mois. On a même dit qu’il fallait réduire à 4 mois.

Avant la fusion, l’employée était occupée à tout un tas d’opérations en dehors du BIT. On va bientôt avoir les 6 randonnées. Qui les fabriquait à Ciran, à La Chapelle Blanche, à Sepmes, etc ? Ce personnel qui n’était plus dans le Bureau. Qui s’occupait de doubler la personne que nous avions au niveau de la culture en ce qui concerne les Percufolies ? Cette même personne. Et je pourrais en rajouter d’autres : la fête sur l’eau à Ciran, etc.

Ce personnel travaillait pour le tourisme, mais on n’en a pas besoin 12 mois ici.

Ce n’est pas qu’on n’a pas de touristes, mais on a toujours pensé que c’était le pire endroit où mettre le BIT.

Il semblerait que Valérie Gerves ait fait un pas en disant « en 2019 on reverra la situation ». Nous on a dit, mais ce n’est pas 2019, parce que la saison touristique elle démarre là.

J’en ai parlé avec Eric Deniau [Maire du Louroux] : la personne présidente de l’association au Louroux est une personne qui parle uniquement de l’histoire locale au Louroux. Cela veut donc dire que les 2 pôles de tourisme communautaires, parce que c’est la compétence, disparaissent purement et simplement du territoire du Grand Ligueillois. Et ça c’est une erreur énorme. Parce que les touristes qu’on a là, ils sont envoyés sur Loches, sur Le Grand Pressigny, sur des manifestations.

J’ai relevé le nombre de coups de téléphone que reçoit les secrétaires à la Mairie rien qu’à l’accueil. Les cahiers d’appel sont tenus, moi j’ai tous les jours tous les numéros de téléphone qui arrivent, c’est marqué sur un cahier avec l’heure, la raison et l’identité des personnes. Elle a reçu aujourd’hui 125 coups de téléphone. Je ne parle pas des gens qui en même temps arrivent pour traiter des dossiers. La Mairie de Ligueil ne pourra pas faire ce travail.

C’est une erreur, et on demande à ce qu’elle soit corrigée. »

Rodolphe Ballu :

« J’ajouterai que sur la grande carte format A3 qui a été donnée par l’Office de Tourisme (voir l’article « C’est pas simple » ), le BIT de Ligueil figure bien, alors qu’il est fermé. »

Gérard Hénault :

« Je ne dis pas que les choses sont extrêmement simples. J’ai fait le compte, sur les 4 mois, ça nous fait 212 personnes. C’est pas énorme quand même. A la louche, Loches c’est 40 000. On a 60 000 visiteurs sur la totalité des BIT. »

Rodolphe Ballu :

« C’est données sont basées sur l’année dernière. Il me semble que le BIT de Ligueil a été fermé pendant un mois d’été. »

Gérard Hénault:

« J’ai 316 contacts en 2017 et 482 en 2016. On est quand même sur des pas très bons chiffres.

Avec la diplomatie qui s’impose, je vais en reparler avec Valérie Gerves. Ce qui me gêne là-dedans c’est que vous êtes quand même une ville importante, que l’activité touristique est quelque chose qui existe et qui existe pour tout le monde. Mais c’est vrai que si on enlève tout, ce sera 0 touriste qui viendront se renseigner.

Il y a une autre question que vous m’avez posée, cette association du Louroux : le problème du Louroux c’est aussi ses chiffres largement catastrophiques, avec un employé à plein temps sauf une journée par semaine. Est-ce que je peux blâmer Valérie Gerves d’avoir dit il y a une association locale qui nous coûte pas un rond, qui se paie en vendant les produits locaux et touristiques, bon voilà. Le Louroux est un endroit majeur en matière d’intérêt patrimonial mais je vous ferais remarquer au passage qu’en terme d’outils de retombées financières tourisme, il y a quoi au Louroux ? Il y a un restaurant qui va peut-être s’arrêter bientôt d’ailleurs, il est en vente. C’est toujours l’histoire en tourisme : c’est la poule ou l’œuf. Lequel est apparu le premier. Et bien il faut qu’on fasse apparaitre des centres d’intérêt mais qu’en même temps il y ait des outils de récupération. J’ai passé commande aux services [communautaires] de dire « maintenant je veux que le Prieuré du Louroux qui est magnifique devienne un outil financier », c’est-à-dire qu’il faut au Louroux qu’on récupère de l’argent.

Je ne voudrais pas que vous pensiez que l’ex territoire du Grand Ligueillois est particulièrement visé, ce n’est vraiment pas le cas.

Concernant le bâtiment [information touristique de Ligeuil], j’ai reçu hier un courrier de l’EPIC qui me dit « on vous remet le bâtiment ». Qu’est-ce qu’on va faire de ça ? J’ai pas la réponse aujourd’hui. Il n’y a pas une histoire d’archives de la trésorerie ? »

Michel Guignaudeau :

« Oui, oui, il y a les archives de la trésorerie dans une salle, mais qui peuvent être regroupés sur Descartes (voir l’article « Les faux monnayeurs » )»

Gérard Hénault :

« Je vous promets que je vais en reparler avec madame Gerves pour arracher un autre traitement. »

Michel Guignaudeau :

« Qu’on le veuille ou pas, on a bien l’impression d’être abandonnés. »

 Voilà pour le Bureau d’Information Touristique de Ligueil. Sans commentaire supplémentaire à ceux que nous avons fait quand nous avons traité la question (voir l’article « Table rase de l’Office de Tourisme »)

Passons maintenant au cinquième et dernier thème abordé : la communauté de Communes Loches Sud Touraine.

Certaines questions portaient sur d’hypothétiques changements législatifs de désignation des conseillers communautaires. Rien n’en atteste aujourd’hui, aussi nous ne les traiterons pas.

Questions de François Bonnemain, conseiller municipal de l’opposition. La première :

«  Quel est précisément aujourd’hui le rôle et les pouvoirs du « conseil des maires »? »

Gérard Hénault :

« La conférence des maires c’est un lieu très libre qui a une existence dans l’organigramme de la communauté de Communes. Il est mentionné bien entendu. On a besoin d’un lieu qui est moins formel [que les autres instances de la CCLST]. C’est le lieu de débat, c’est un lieu d’informations générales parfois où on a besoin de savoir des choses ensemble, et puis c’est le lieu où on va élaborer ensemble les réflexions qui concernent la stratégie, qui concernent la prospective et puis les grandes orientations de la communauté de Communes. Le pouvoir [de la conférence des maires] n’est pas formellement écrit.

C’est un lieu libre où il n’y a que les élus qui sont là. Si on a des horreurs à se dire, qu’on ne les trouve pas dans le journal le lendemain. Il y a besoin de lieux défouloir. Jusque-là c’est resté correct. Des fois c’est franc. »

Question de François Bonnemain :

« Envisagez-vous l’usage de referendum « communautaire » en cas de désaccord entre les Communes et la CC [CCLST]? »

Gérard Hénault :

« Il ne peut pas y avoir de désaccord entre les Communes et la communauté de Communes. C’est structurellement impossible. D’abord parce qu’il y a la règle de la majorité. Ce qui peut se passer, c’est que dans un conseil communautaire vous pouvez avoir un certain nombre de Communes qui portaient un projet peuvent être défaites par la majorité des autres qui ne pensent pas pareillement. Cela peut arriver. La communauté de Communes ce n’est pas une entité comme une Commune : elle n’existe que par la volonté des Communes. Le jour où les Communes ne veulent plus de communauté, c’est fini, il n’y en a plus. Donc l’idée de faire un référendum éventuellement, elle pourrait arriver lorsque les élus n’arrivent pas à trancher quelque chose, lorsque les élus ont la trouille de prendre une décision. Ça existe aussi ces choses-là. On dit on va laisser le peuple souverain trancher à notre place. Que dans ce cas-là. »

Avant de passer à la question suivante, il est bon de rappeler qu’une Commune a obligation légale de faire partie d’une communauté de Communes ou d’agglomération. Ce n’est donc pas qu’une volonté des Communes.

Question de François Bonnemain :

« Serez-vous prêt en 2020 pour le passage au fonctionnement normal de la CC [CCLST] ? »

Gérard Hénault :

« Je pense que l’on parle de l’harmonisation totale. Là-dessus, il faut être très clair : il n’y aura pas en 2020 d’harmonisation totale. Il y a beaucoup sur lesquelles on tend à l’harmonisation. Les choses se passeront assez doucement. Et il faut dire les choses aussi : on n’est pas là pour installer un dispositif type Corée du Nord, où il n’y a pas une oreille qui dépasse, où tout le monde fonctionne de la même manière au même moment. Il y a aussi des particularismes locaux qui méritent d’être respectés. Est-ce qu’on aura tout mis à plat ? Non. Et puis c’est pareil, il y a des harmonisations qu’on ne peut pas faire à la hache. Si l’idée était de dire « serez-vous harmonisés en tout point en 2020 ? » la réponse est clairement : non. Et même heureusement. »

Il n’empêche que c’est une obligation légale pour les compétences prises par la communauté de Communes : à critères identiques, un même service rendu pour un coût proportionné, un prix identique sur tout le territoire. C’est la loi de la France, pas celle de la Corée du Nord.

Michel Guignaudeau :

« En 2020, les successeurs éventuels auront à prendre en connaissance parfaite un certain nombre de grands dossiers, on va parler du SCOT. C’est-à-dire qu’en 2020, les gens qui vont postuler pour être conseillers municipaux, conseillers communautaires, ils feront bien dans leurs programmes électoraux et dans leurs études tardives chez eux le soir, d’avoir potassé la totalité des dossiers. Parce que là l’erreur ne leur sera pas permise. On peut parler aussi du Plan Climat Energie. Ça va être très intéressant pour les prochaines échéances municipales, parce qu’on verra les gens qui sont d’aplomb pour gérer les affaires, et ceux qui n’y connaissent rien. Et ça se verra tout de suite. »

Question de François Bonnemain :

« Comment qualifieriez-vous la situation au sein de la CC aujourd’hui ? »

Gérard Hénault :

« On ne demande pas ça au Président. Je dirai que « l’énorme » du travail de fusion est franchi et est franchi convenablement. Et puis il y a des choses qui ne se voient pas. On a nos agents, 180 personnes, qui viennent de 7 organismes payeurs différents, et il faut que tous ces gens-là se retrouvent autour d’un objectif commun. On a des contraintes réelles, on travaille avec l’argent du contribuable, donc tout cela doit se faire au mieux. »

En effet, on ne demande pas ça à un Président. La preuve.

Voilà, nous avons fini notre travail de restitution du jeu de questions-réponses organisé par la Municipalité de Ligueil. Merci à elle pour ce bel instant démocratique qui s’est déroulé dans un climat apaisé et respectueux de tous. Merci.

Si nous étions taquins nous pourrions résumer ainsi les réponses entendues :

Pour les déchets ménagers : « C’est très difficile. Vous voyez on se prépare de beaux jours »

Pour l’eau potable : « Je n’ai pas de réponse aujourd’hui, hormis la certitude qu’on y travaille »

Pour les gens du voyage : « C’est une question qui est lourde. Très clairement ça va être de plus en plus compliqué »

Le Bureau d’Information Touristique : « Je vais en reparler pour arracher un autre traitement »

La CCLST : « On ne demande pas [ça] au Président » de qualifier la situation. 

Si nous étions taquins nous mettrions ces synthèses de réponses en parallèle avec la phrase :

« On verra les gens qui sont d’aplomb pour gérer les affaires (…/…) et ça se verra tout de suite. »

Heureusement que nous ne sommes pas taquins.

Les caractères en bleu sont des citations orales ou écrites

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ISSN 2610-5942

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