GÉRARD HÉNAULT RÉPOND: l’eau potable

Gérard Hénault était l’invité du conseil municipal de Ligueil du 25 mai 2018. Nous avons porté à votre connaissance les réponses relatives à la question des déchets ménagers (voir l’article « Gérard Hénault répond : les déchets ménagers »).

Voici le deuxième thème abordé : la gestion de l’eau.

Il est bon au préalable de préciser quelques termes utilisés lors des échanges :

« Régie » signifie que c’est la collectivité, qu’elle soit une Commune, un syndicat ou une communauté de Communes, qui gère elle-même le service, avec ses ressources humaines propres.

« DSP », pour délégation de service public, signifie que la collectivité, le syndicat, a fait le choix de confier la gestion à une entreprise privée, appelée « fermier ». En DSP les ressources humaines sont salariées de l’entreprise.

Voici la question de Martine Paillé, conseillère municipale d’opposition :

« Je voulais savoir si une étude était envisagée pour le passage du service de distribution d’eau en régie. »

Gérard Hénault :

« Oui ! Non seulement elle est envisagée, mais on est même en plein dedans. Et entre autres, on a eu une petite réunion hier au soir et lundi matin on aura une réunion avec la plupart des Communes intéressées, c’est-à-dire en gros il y aura quarante personnes dans la salle.

On est sur un travail qui doit avancer, celui de l’harmonisation. Comme pour les ordures ménagères, il y a plusieurs écoles, donc il y a plusieurs sentiments, il y a plusieurs opinions, et puis tout ça est bien compliqué.

On se trouve devant une situation qui n’est pas simple. Puisqu’aujourd’hui on a le territoire Loches-Montrésor qui est en régie communautaire. C’est des employés de la communauté de Communes qui font le travail.

On a sur une partie de l’ex Grand Ligueillois une Délégation de Service Public, DSP. En l’occurrence, c’est Veolia.

On a la Commune de Sepmes qui est en régie municipale.

On a un petit syndicat autour de la Commune de Draché, avec des Communes à côté qui ne sont pas de chez nous.

On a le syndicat de la Crosse qui est une régie, qui fait la Celle Saint Avant, Descartes, Abilly, Grand Pressigny et ainsi de suite. C’est régie syndicale sur la Crosse. Ça veut dire que les employés sont payés par le syndicat lui-même.

Ensuite vous avez la Touraine du Sud SIAEP qui lui est en DSP avec la SAUR.

Ensuite vous avez la Commune de Preuilly sur Claise qui est en régie municipale.

Ensuite vous avez la Commune d’Yzeures sur Creuse qui est en régie municipale et pour finir vous avez la Commune de Tournon Saint Pierre, elle est en association avec un syndicat de l’autre côté de la frontière avec le syndicat de Fontgombault.

Voilà la situation d’aujourd’hui. Avec ça on nous dit qu’est-ce que vous allez en faire ?

Déjà on va commencer par regarder de tous les côtés comment on peut un peu regrouper les gens. Parce que la loi NOTRe nous oblige à commencer à travailler cela très fort, c’est-à-dire 01er janvier 2019. Ça c’est demain matin.

Il y a plusieurs solutions possibles : on passe tout en régie. Ou on fait la démarche inverse on passe tout le monde en délégation de service public. Ou on garde un système mixte.

Pour aider la réflexion, il y a un truc très bien, les prix. Et vous vous dites comme tout le monde, là où il y a DSP c’est plus cher que là où il y a régie. Manque de chance c’est pas vrai. Des fois c’est vrai, des fois c’est pas vrai.

Moi la grille des prix, je l’ai. Je peux vous en donner connaissance. Qui est le moins cher ?!? Preuilly sur Claise : régie municipale 1.37 euros. Un Maire « prudent », tout le monde fait des études patrimoniales, lui il ne veut pas. Peut-être que le réseau n’est pas nickel nickel. Et puis il nous a dit l’eau chez moi elle est excellente, on ne met même pas de chlore dedans. Il n’y a pas besoin parce qu’elle est pure. Moi je croyais que la loi faisait obligation, mais je dois être à côté de la plaque.

Vous avez Loches Développement, régie, pas cher, 1.64 euros.

Vous avez le syndicat de la Crosse pas cher, 1.64 euros.

Vous avez la Touraine du Sud c’est un petit peu plus cher c’est en DSP, et puis vous en avez un qui est quand même très très cher c’est le grand Ligueillois. Alors est-ce que ça tient au fait que c’est en DSP ?

Je suis convaincu que non. »

Michel Guignaudeau :

« C’est mon sentiment aussi ».

Gérard Hénault :

« Pourquoi c’est cher à Ligueil ? Parce que vous avez 36 000 ouvrages, vous avez des difficultés à trouver de l’eau potable, vous avez des forages qu’il faut bien amortir parce qu’ils ont été faits mais n’empêche qu’ils ne servent à rien du tout. Voilà, vous connaissez la situation mille fois mieux que moi. Vous avez une difficulté à avoir de l’eau potable, ça a engendré ces coûts d’investissement, ça engendre aussi des coûts de fonctionnement, donc vous avez un prix d’eau qui est très cher.

Du coup on s’aperçoit que DSP pas DSP, c’est bien compliqué.

Vers quoi va-t-on s’orienter ? Déjà une chose de certaine : on va suivre la loi.

Mais on a des situations compliquées. Reprendre Preuilly avec un Maire qui n’est pas d’accord du tout, et puis quelques frais en perspective. Reprendre Yzeures, pas de souci, Tournon Saint Pierre on ne voit pas trop bien pourquoi, honnêtement ils peuvent bien rester chez les voisins à côté, faire de l’interconnexion de réseau c’est intéressant mais quand même, Sepmes on est en train de voir. Draché c’est le problème inverse puisque Draché est minoritaire dans le syndicat. Donc voilà une situation qui est extrêmement complexe.

Ensuite il y a des DSP qui ne finissent pas tout de suite : celle du Grand Ligueillois c’est au 31 décembre 2019, ça ça va. Celle de la Touraine du Sud c’est 2025.

Si on fait au moins ce qui est souhaitable, des regroupements, peut-être en 2 grands ensembles, est-ce qu’on ira directement au retour à la DSP totale, moi je pense que c’est très compliqué.

Quand un fermier prend la DSP il reprend les personnels avec. Ce qui pose un problème parce que vous avez des gens avec un statut fonction publique, et l’inverse est vrai aussi : si on reprend en régie par exemple Ligueil, on est censés reprendre les personnels.

Mais surtout ce qu’il faudra, c’est arriver à une harmonisation tarifaire un jour. Le prix moyen il est de 1.78 euros le mètre cube. Vous honnêtement à 3.33 euros, c’est raide. Plus l’assainissement qui arrive par là-dessus.

Donc je n’ai pas de réponse aujourd’hui, hormis la certitude qu’on y travaille. »

Michel Guignaudeau :

« Une petite précision, le prix de l’eau à Ligueil [identique sur tout le périmètre de l’ex Grand Ligueillois], il est lié premièrement au problème de la recherche de l’eau. La recherche de l’eau sur notre territoire [ex Grand Ligueillois] qui est géologiquement particulier fait qu’il n’y a plus d’eau. On a eu de très gros problèmes sur Louans avec des pollutions liées à l’activité principale autour de Louans, à tel point qu’on a du faire des interconnexions très coûteuses pour envoyer de l’eau à Louans parce que sinon il fallait amener des bouteilles. Les problèmes des polymères dans les canalisations qui ont fait qu’il y a 2 ans, aussi un peu l’année dernière, la Chapelle Blanche Saint Martin a été interdite de consommer de l’eau. Parce que non seulement on en a peu mais elle est de mauvaise qualité. Et elle l’a toujours été. Peut-être aussi, et le SCOT [Schéma de cohérence territorial] va nous aider, peut-être qu’à une époque il y a eu des politiques de constructions qui étaient un peu démesurées par rapport à l’alignement des tuyaux. Je crois qu’en kilométrage, on doit avoir le premier kilométrage de la grande communauté de Communes. C’est nous qui avons le plus de kilomètres parce qu’il fallait envoyer de l’eau partout. Et puis on a aligné, aligné, aligné des kilomètres de canalisations. Et le résultat on le paie. Et ça c’est personne d’autre que nos propres assemblées qui en ont décidé. Nos successeurs nous jugerons, et nous nous jugeons nos prédécesseurs. »

Gérard Hénault :

« Moi je connais un forage à Ciran que vous avez payé fort cher, et un à Mouzay où il n’y a rien. »

Michel Guignaudeau :

« 600 000 euros à Mouzay il y a 6 ans. Et on a rien trouvé. Parce que la quantité elle est très pauvre et la qualité est très mauvaise. En plus l’eau est très forte en fer et tout se bouche. »

Gérard Hénault :

« A Esves le Moutier c’est pareil. Les pompes se trouvent à l’air parce qu’il n’y a pas assez d’eau. Du coup tout le système rouille.»

Michel Guignaudeau :

« C’est pas la gestion. La prise de conscience générale est là. »

Nous avions déjà expliqué au printemps 2016 à quel point la compétence « eau potable » était complexe (voir l’article « Scénario de fusion : l’eau potable »). Assurément la plus difficile à harmoniser compte tenu des situations particulières, surtout en Touraine du Sud (ex CCTS) et dans une moindre mesure dans l’ex Grand Ligueillois (ex CCGL).

De toutes ces disparités, il va falloir par obligation légale tendre vers une harmonisation à minima des tarifs payés par les consommateurs. Quand on voit aujourd’hui les différences tarifaires, ce n’est déjà pas le moindre des chantiers.

Michel Guignaudeau, qui a présidé pendant un peu moins de 3 ans l’ex Grand Ligueillois, a rappelé les problèmes de ressource en eau de ce territoire. Ont été rappelés les problèmes de qualité de l’eau captée. L’interconnexion des réseaux des différentes ex communautés de Communes aurait du sens pour pallier ce manque local. Mais cela ne suffira pas.

Il faut aussi s’atteler avec vigueur aux fuites du réseau qui sont considérables (voir l’article « L’eau au rapport »), tant en préventif qu’en curatif.

De la même manière il faut agir sur le volume consommé d’eau potable. Moult usages ne nécessitent pas l’utilisation d’eau potable, tout particulièrement l’arrosage des jardins des particuliers, des espaces verts des collectivités. Aussi, comme le fait la CCLST pour les composteurs, nous appelons de nos vœux une politique comparable en faveur des récupérateurs d’eau potable (voir l’article « Prépondérante mais oubliée »). Ça couterait beaucoup moins cher qu’un forage.

Autre piste possible : aujourd’hui, le prix est indifférencié quel que soit le volume consommé. Depuis 2010, il est possible de pratiquer une tarification progressive, par tranche de consommation, pour décourager le gaspillage et rendre abordables les premiers m³ indispensables à l’alimentation et à l’hygiène.  En clair, ce serait une incitation financière, tarifaire, à la sobriété et à la recherche individuelle d’économies. Nous aimerions que la CCLST étudie cette piste, sa faisabilité, son impact.

La conjugaison de toutes ces actions permettrait déjà de résoudre une partie des problèmes, éviterait peut-être de nouveaux forages de captation d’eau bougrement onéreux. Une partie seulement, puisque l’extension kilométrique des réseaux est un autre problème qui ne peut se résoudre qu’au niveau des Plans Locaux d’Urbanisme des Communes et du Schéma de Cohérence territorial en cours de définition.

Dans notre prochain article, nous aborderons les réponses à la question relative aux gens du voyage.

Les caractères en bleu sont des citations orales ou écrites

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ISSN 2610-5942

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2 réflexions sur “GÉRARD HÉNAULT RÉPOND: l’eau potable

  1. Gonflé et malhonnête le président Hénault.
    Expliquer le coût exorbitant de l’eau à Ligueil en pointant du doigt des dépenses pharaoniques dues à des forages. Le coût du mètre cube à Ligueil est de 4,86€.
    A Ferrière-Larçon, village dont il est maire depuis des décennies, le prix du mètre cube est un des plus cher de France. 6,28€.

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