OPTION CULTURE : AXES POSSIBLES D’UNE STRATÉGIE

Nous terminons la restitution du rapport établi par le cabinet extérieur « Option Culture » étudiant la situation de la politique culturelle de la communauté de Communes Loches Sud Touraine (CCLST) et ses préconisations.

Après la présentation générale (voir l’article « Option culture : panorama de l’étude »), les écoles de musique (voir l’article « Option culture : les écoles de musique »), les bibliothèques, médiathèques et cinémas (voir l’article « Option Culture : les bibliothèques et cinémas »),et les autres segments culturels (voir l’article « Option Culture : autres offres culturelles ») nous vous rendons compte aujourd’hui de la synthèse apportée par ce cabinet et les axes possibles d’une stratégie de développement culturel.

Enjeux stratégiques :

« L’analyse du territoire a fait apparaître, les axes stratégiques suivants :

  • Valoriser les atouts dans une logique partagée stratégiquement, en même temps qu’adaptée à chaque bassin de vie du point de vue des services aux habitants.
  • Mailler convenablement le territoire pour lutter contre les disparités qui existent dans l’accès aux services.
  • Stimuler les pratiques culturelles dans les espaces communautaires les plus éloignés des pôles urbains (Tours et Châtellerault), et cela pour faire en sorte que les habitants – et les jeunes en particulier – s’investissent dans une pratique culturelle.
  • Développer une politique d’accessibilité économique à la culture répondant au besoin des familles aux revenus modestes.
  • Implanter un élément fortement différentiateur aux fins de pallier la méconnaissance du territoire par les visiteurs et de valoriser l’image du territoire aux yeux des entrepreneurs.
  • Faire progresser les qualités du cadre de vie en termes de services culturels (bibliothèques, activités de pratique en amateur, enseignements artistiques). »

Possible stratégie de déploiement de l’action communautaire :

« Pour éviter la dispersion des moyens et définir une intervention intercommunale épousant les caractéristiques du territoire, nous proposons d’étudier la logique suivante :

  • S’appuyer sur un ensemble de pôles d’équilibre, contrairement à des espaces intercommunaux polarisés vers une ville-centre. Nous suggérons ainsi d’opérer à travers une logique de maillage du territoire, à partir des points d’appui majeurs que constituent Loches et Descartes (avec leurs offres culturelles, commerciales, d’hébergement, de restauration et avec leurs services publics) et complétés par des « pôles d’équilibre » stratégiquement répartis dans l’espace en fonction des bassins de vie.
  • Donner une priorité à certains publics : la politique culturelle de l’EPCI [CCLST] pourrait viser en particulier les jeunes générations.
  • La construction d’une offre estivale (culture et patrimoine) qui pourrait s’articuler à la compétence touristique de la communauté de communes.
  • Porter l’implantation d’un élément fortement différentiateur, en complément de la Cité royale de Loches, qui possède un important potentiel de visites (le Prieuré du Louroux pourrait être également mis en avant, à condition de lui associer un projet très original et reconnaissable). »

Les champs d’action incontournables :

Compétence « enseignements artistiques » :

« La CC Loches Sud Touraine, par un effet d’automatisme, a repris à son compte le soutien financier à quatre écoles de musique à Loches, Montrésor, Verneuil-sur-Indre et à Ligueil.

Le soin de financer l’école de musique du Grand Ligueillois et l’école de musique de Montrésor en revenait aux précédents EPCI. La CCLST se trouve ainsi le seul financeur local de ces deux écoles. De fait, et même si la CCLST ne gère en direct aucun établissement pour l’instant, il existe de fortes présomptions pour affirmer que le nouvel EPCI exerce une compétence intercommunale en matière d’enseignements artistiques (et en tout cas d’enseignement musical).

Ce qui laisse encore moins de doutes sur la légitimité d’une telle compétence est le fait que les écoles associatives concernées ont en réalité été créées à l’initiative, soit d’un regroupement informel de communes (Verneuil), soit de communautés de communes (Grand Ligueillois et Pays de Montrésor).

Dès lors, il paraît difficilement envisageable de laisser la situation en l’état, situation faisant que les écoles de Loches et de Verneuil sont sujettes à des financements doubles CC/communes. De la même manière, il semble peu défendable de ne pas s’intéresser à l’école de Preuilly, seule structure (ou future antenne) capable potentiellement d’irriguer le sud du territoire.

Enfin, il paraîtrait peu cohérent de ne pas étudier le transfert de l’école de musique de Descartes, pour les mêmes raisons d’harmonisation des sources de financement, mais aussi parce que cet établissement, le seul qui soit public, permettrait à la communauté de communes d’être dotée d’un instrument sur lequel elle aurait directement prise.

Outre cette approche théorique de l’intercommunalité, plusieurs options vont se présenter avec un choix qui sera relatif au niveau d’intégration communautaire souhaité par les élus. »

Concernant spécifiquement Descartes, l’étude précise :

« Nous avons remarqué que la ville de Descartes serait favorable à une réflexion de fond sur les enseignements artistiques et qu’elle ne serait pas opposée à une reprise de son école de musique par la communauté de communes. »

Et ajoute concernant les écoles de musique associatives :

« Il faut souligner que les associations gérant une école de musique ne s’opposent pas à l’idée d’une reprise de leur activité par une structure communautaire, à la condition qu’elles conservent une implication, notamment en termes d’animation et de projets de diffusion musicale. »

Compétence « lecture publique » :

« Cette compétence n’avait pas été retenue en tant que telle par aucun des anciens EPCI, si bien que les bibliothèques sont exclusivement financées par les communes dont elles relèvent, alors que les actions associatives autour du livre étaient financées par les anciennes CC dans le cadre des compétences « Soutien ou organisation d’évènements » et / ou directement par certaines communes comme Loches, même en dehors de leur territoire (ex. : La Forêt des Livres), compte tenu du rayonnement de l’action concernée.

Si le même raisonnement est reproduit, cette compétence n’est donc pas automatiquement acquise par la CC Loches Sud Touraine, et ce d’autant plus que la formulation de la compétence culture dans ses statuts se limite au champ associatif, donc à une partie seulement de la lecture publique. Il n’y a pas non plus, contrairement aux enseignements artistiques, de présomption de transfert de compétence.

Cependant, compte tenu de l’importance de ce secteur en tant que service culturel de proximité, la discussion sur cette compétence est incontournable. »

Concernant spécifiquement Loches, l’étude précise :

« Il ne nous a pas semblé que la ville de Loches serait hostile à un transfert de sa bibliothèque. »

Compétence « évènements » :

« Les précédentes communautés de communes avaient toutes opté, sauf Loches Développement, pour la compétence « Soutien aux évènements » et, pour les communautés de communes de Montrésor et du Grand Ligueillois, « Organisation d’évènements ». Cela tient notamment à l’importance des festivals, comme animations culturelles au sein du territoire.

Cette compétence transversale (arts vivants, arts visuels, cinéma) est déjà inscrite dans les statuts de la CCLST. »

Compétence « arts vivants, arts visuels et audiovisuels hors évènements » :

« Celle-ci, volontairement exercée par les communes (tout en émanant souvent de l’initiative privée), n’était pas inscrite au titre d’une compétence culturelle dans les statuts des ex-EPCI.

Il faut cependant remarquer que la CCLST destine des subventions à quatre communes pour leur programmation de spectacle : pour les saisons culturelles de Descartes, Abilly, Preuilly et Charnizay.

Bien que les contributions restent très modestes et que Loches n’y figure pas, on pourrait estimer que la CCLST intervient quasi systématiquement en matière de « saison culturelle ». »

Concernant spécifiquement les saisons culturelles, l’étude précise :

« La ville de Loches souhaite conserver la liberté de programmer sa saison culturelle. Au moins une commune, Azay-sur-Indre, souhaite également préserver l’action qu’elle mène en matière de spectacle, ne souhaitant pas non plus être obligée de recourir aux services de Nacel (les organisateurs préfèrent choisir eux-mêmes les artistes invités). »

Compétence « patrimoine » :

« Dans ce domaine, aucune compétence intercommunale n’a été repérée si ce n’est, au sein de la CCLST, une présomption provenant des investissements réalisés au Prieuré du Louroux. »

 Compétence « arts visuels et cinéma » :

 « Aucun EPCI n’avait choisi d’agir dans ces domaines ; pour autant, cela ne signifie pas qu’il n’y ait aucun intérêt à prendre en compte ces secteurs dans l’action de la communauté de communes, d’une part s’agissant de l’éducation à l’image et, d’autre part, des arts plastiques ou numériques que l’on pourrait associer à la valorisation du patrimoine. »

Potentiels culturels à valoriser au profit du territoire :

  • « Le territoire comporte de nombreux atouts patrimoniaux justifiant la création d’un Pays d’Art et d’Histoire. D’une manière plus générale, les enjeux touristiques ajoutés à la densité du patrimoine local motiveraient à coordonner les efforts de préservation et de mise en valeur culturelle, éducative et touristique du patrimoine.
  • Le site du Prieuré du Louroux présente de forts potentiels que la CCLST sera amenée à valoriser, sur la base d’un projet fort et dont la faisabilité aura été démontrée.
  • Vu la forte tradition musicale inscrite dans le territoire, il paraît logique d’indiquer les enseignements musicaux comme un potentiel à saisir pour articuler autour d’eux une action forte au profit de la jeunesse, de ses pratiques culturelles (à travers les pratiques en amateur et les éventualités de professionnalisation artistique) et d’une manière plus large au profit de l’éducation artistique et culturelle. En outre, les écoles de musique offrant l’esquisse d’un maillage pertinent, on ne peut faire autrement que d’indiquer les enseignements artistiques au titre des potentiels à développer.
  • De la même manière, le maillage des bibliothèques dans l’espace intercommunal laisse présager une opportunité de développement de manière égale dans le territoire des lieux de culture, de convivialité et de dynamisation des relations sociales. »

Faiblesses à compenser par le moyen de la solidarité et de l’organisation communautaire :

« Les faiblesses que l’on pourrait chercher à pallier seraient :

  • La fragilité des écoles de musique associatives et le manque de diversité des instruments et des esthétiques enseignées.
  • Les occasions très rares de pratiquer le théâtre et la danse.
  • Le manque de médiathèques professionnalisées permettant de proposer – autour des fonds documentaires – des animations autour de l’écrit, de l’actualité et des sujets de société, et de répondre le cas échéant à des besoins de services au quotidien.
  • L’absence dans la ville-centre d’un équipement exclusivement dédié aux arts vivants incarné par une équipe portant un projet de diffusion, de création et de médiation culturelle, un lieu identifié et adapté aux formes actuelles des arts vivants.
  • La présence peu certaine d’un vivier organisé d’artistes professionnels et émergents (hors musique) et la faiblesse des conditions de l’émulation.
  • La fragilité des structures associatives (finances, conditions matérielles, moyens humains, engagement bénévole).
  • Une assez faible faculté différenciatrice des festivals et l’absence d’un élément fortement différenciateur. »

Voilà, nous vous avons porté à votre connaissance aussi complètement que possible cette étude menée par le cabinet « Option Culture ». Il s’agit de la première pierre « état des lieux » et de pistes stratégiques sur lesquelles les élus municipaux et communautaires pourront s’appuyer.

Espérons que largement les associations et les habitants seront associés à cette réflexion.

Quelques citations pour la route :

« Une culture est bien morte quand on la défend plutôt que de l’inventer ». Paul Veyne.

« Quand j’entends le mot culture, je sors mon carnet de chèques ». Jean Luc Godard.

« Face à la catastrophe, on a besoin de culture ». Martine Mairal.

Pour ceux que cela intéresse, voici le texte intégral de l’étude menée par le cabinet Option Culture:

TELECHARGEMENT ETUDE DÉCEMBRE 2017 OPTION CULTURE

Les caractères en bleu sont des citations orales ou écrites

Voir article: pointez le titre, cliquez, et l’article s’ouvre

ISSN 2610-5942

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