OPTION CULTURE : AUTRES OFFRES CULTURELLES

Nous continuons à égrener le rapport établi par le cabinet extérieur « Option Culture » étudiant la situation de la politique culturelle de la communauté de Communes Loches Sud Touraine (CCLST) et ses préconisations.

Après la présentation générale (voir l’article « Option culture : panorama de l’étude »), les écoles de musique (voir l’article « Option culture : les écoles de musique ») et les bibliothèques, médiathèques et cinémas (voir l’article « Option Culture : les bibliothèques et cinémas »), nous vous rendons compte aujourd’hui de ce qui est dit sur les autres offres culturelles.

Les arts vivants :

Voici l’état des lieux fait par « Option Culture » :

« Lieux permanents et offre de spectacles professionnels :

Les structures de diffusion sont pratiquement inexistantes ou inadaptées aux spectacles professionnels.

Cette absence nuit à la permanence d’une offre diversifiée de spectacles, tout en étant peu favorable au développement de productions amateur pouvant nécessiter des équipements professionnels.

Le territoire est néanmoins équipé de salles polyvalentes. L’Espace Agnès Sorel, principale salle de spectacles du territoire est bien équipée, modulaire et dispose d’une jauge de 500 places. Pour autant, elle ne peut être considérée, au regard de son utilisation, comme un théâtre de ville. Une nouvelle salle de spectacles de 200 places a été inaugurée en 2013 à Charnizay, avec une programmation encore très limitée, pour des raisons à la fois budgétaires et techniques.

 Ainsi, peut-on dire que le territoire ne dispose d’aucun établissement public voué à la diffusion des arts vivants et aux fonctions associées de médiation, de création et d’accompagnement d’artistes. Rappelons à cet égard qu’un tel établissement se caractérise par une condition : un projet + une équipe spécialisée + un lieu dédié et techniquement spécialisé.

 Les communes comme Abilly, Descartes ou encore Preuilly organisent néanmoins des programmations régulières, tandis que les programmations itinérantes sont principalement organisées par l’association Nacel. Il n’existe en revanche pas de saison culturelle articulée sur l’ensemble du territoire.

Pour leur part, les lieux privés, reposant sur des initiatives individuelles et proposant des «petites formes», attirent un large public au-delà de la communauté de communes. Mais ces lieux restent très peu nombreux ; alors que certains se sont récemment installés (le Rossignolet à Loches), d’autres ferment (le Théâtre des Balcons à Ferrière-Larçon). »

Les festivals :

« Une dimension évènementielle semble prédominer dans l’espace intercommunal avec la tenue de nombreux festivals. Leur importance peut être vue comme une cause ou une conséquence de la quasi absence de lieux permanents de diffusion. Bien entendu, ces festivals engendrent une saisonnalité marquée de l’offre.

 Parmi ces festivals, beaucoup sont pluridisciplinaires, mais avec très souvent la présence des arts vivants. Ces évènements sont de formats très variés, que ce soit en termes de disciplines artistiques, d’intervenants professionnels et/ou amateurs, de localisation et de rayonnement. Les durées des festivals sont assez comparables : principalement sur un à deux week-ends. Les Nuits Solaires se tiennent pour leur part tout l’été à Montrésor.

Ces évènements, pour certains issus de festivités ayant évolué, restent très localisés sans poursuivre d’objectif de délocalisation d’activités ou d’itinérance des œuvres.

 Cela étant, chacun révèle sa spécificité dans un ensemble finalement très varié :

  • la valorisation par les habitants du patrimoine historique (Percufolies à Ligueil, Arts Scéniques et Vieilles Dentelles au château du Grand-Pressigny, Nuits Solaires à Montrésor)
  • la mise en exergue d’une programmation musicale à fort rayonnement (Sonates d’automne, Yzeures’n Rock…)
  • le lien entre culture et traditions populaires ou gastronomiques (De bouche et d’oreille, l’art et lard…).

Un objectif commun est le lien social, objectif fréquemment servi par le principe de gratuité. Ainsi, les communes tiennent particulièrement à ces évènements pour la raison qu’ils viennent marquer l’identité de la commune. »

La programmation jeune public :

« De la petite enfance au lycée sont proposés des ateliers et des restitutions, le plus souvent encadrés par des structures d’accueil petite enfance ou scolaires, incluant des propositions atypiques autour de la marionnette ou du cirque (le Préambule, la P’tite fabrique de cirque). Les programmations spécifiques sont intégrées aux propositions de Nacel comme aux programmations des villes et à celles de lieux privés.

Ainsi, les relais pouvant proposer des offres existent bien sur le territoire. Malgré tout, il semblerait que l’offre reste insuffisante. »

La pratique amateur :

« Elle est très dynamique, articulée entre ateliers inscrits dans le temps et restitutions des productions tout au long de l’année (ex. : l’Entracte), allant jusqu’à constituer de véritables évènements dans le territoire (ex. : l’École buissonnière). Ces productions motivent un public plutôt local.

S’ajoutent à cela des troupes qui sont proches d’un niveau professionnel et qui sont diffusées plus largement dans la région, voire participent à des concours nationaux (ex. : Arboredanse). Les amateurs sont régulièrement au contact des professionnels : ces derniers les encadrent dans le cadre d’ateliers ou de stages, ou bien sont à leurs côtés lors des spectacles ou festivals (techniciens et artistes professionnels qui tiennent les rôles-clés). Par ailleurs, les lieux de diffusion sont ouverts à l’accueil des uns comme des autres. »

La structuration :

« Les porteurs de projets sont organisés au sein de structures dont la survie est assez précaire. Toutes ces structures, mêmes professionnelles, ont recours au bénévolat (qui s’essouffle). Dans le meilleur des cas, un emploi aidé par la région dans le cadre de Cap Asso constitue l’équipe permanente.

De fait, la plupart des initiatives sont financièrement fragiles, si bien que les modalités de versement de subventions sont vitales pour la survie de ces équipes, de même que la pérennité des soutiens, à étudier dans le cadre de conventions pluriannuelles.

Le collectif « Osons la culture » permet néanmoins à différents acteurs des arts vivants de se rassembler pour mutualiser certains projets et surtout de faire entendre leurs voix, en l’occurrence dans le cadre de la réflexion sur le schéma de développement culturel de Loches Sud Touraine. 

Par ailleurs pour mettre en œuvre la diffusion en milieu rural, des structures d’accompagnement ont été créées afin de constituer des relais pour les communes de manière mutualisée ; en premier lieu Nacel, et récemment l’association de soutien des communes de l’ancienne CC de Montrésor en cours de montage. Elles font un travail d’intermédiaire professionnalisé entre les collectivités qui subventionnent la diffusion (Région et Département) et les compagnies et artistes de spectacle vivant qui sont programmés. Nacel gérait jusqu’à présent le PACT (Projets Artistiques et Culture de Territoire) pour ses communes adhérentes.

Puisque la Région a indiqué que ceux-ci seront exclusivement pilotés par les communautés de communes à partir de 2019, une grande partie de l’objet de Nacel va s’en trouver modifié. Il conviendra d’intégrer cet aspect dans la réflexion. »

Options possibles pour les arts vivants :

« Option Culture » propose deux scenarii :

Option 1 :

Option2 :

Les arts visuels :

Le constat d’ « Option Culture » est le suivant :

« Sur le territoire sont présents des artistes plasticiens de toutes les générations, mais proportionnellement plutôt âgés. Leur renommée peut être locale, nationale (Pierre Guitton, les frères Garraud…) ou internationale (Mihail Chemiakin).

Si le territoire ne peut jouir de l’existence d’un centre d’art, il existe toutefois quelques lieux de démonstration régulière: la maison d’artistes de la Touraine du Sud à Ligueil (relevant de la mairie), la Galerie Le Terrier ou encore l’atelier d’Agnès à Loches (relevant d’initiatives privées). La maison de Chemiakin dans le centre de Loches pourrait également devenir un lieu central s’agissant des arts visuels. Enfin, Beaux-Lieux fait venir des artistes sélectionnés nationalement dans le cadre d’un appel à projet.

Les représentants des arts visuels sont dispersés dans l’ensemble du territoire, sans concentration sur une zone qui se démarquerait de la répartition de la population et des services sur le territoire. »

« Ainsi, l’intérêt intercommunautaire d’une intervention autour des arts visuels pourrait être légitimé par le vivier d’artistes repérés. Mais plutôt que de penser ce secteur pour lui-même, il serait sans doute à recommander de l’associer au secteur du patrimoine et aux nombreux lieux qui trouveraient là un moyen de valorisation. Quelle pourrait être fondamentalement l’ambition de Loches Sud Touraine pour les arts visuels ? En étudiant leurs potentialités, peut-être pourrait-on envisager de les mettre à profit de l’éducation artistique et culturelle ou encore du développement touristique. »

Le patrimoine, les musées et la culture scientifique et technique :

« Le territoire possède des patrimoines riches et divers.

L’attribution du label « Ville d’art et d’histoire » à la ville de Loches reflète légitimement sa richesse historique et architecturale.

La Cité royale impressionne les visiteurs. Il faut également mentionner les églises, la galerie Saint-Antoine, les édifices historiques, le CIAP. La Cité attire entre 85.000 et 90.000 visiteurs par an et fait l’objet de travaux de refonte de la muséo-scénographie.

Mais la séparation entre ville et département, entre ville haute et ville basse, et entre Cité et musée, ne facilite pas la gestion du site. Il existe donc un enjeu de gouvernance pour optimiser la promotion du site et sa lisibilité globale par les visiteurs, sachant que le donjon et le logis permettent de raconter 2.000 ans d’histoire (avec de grandes figures telles que Jeanne d’Arc, Agnès Sorel ou encore Anne de Bretagne).

Faudrait-il envisager un syndicat mixe (ville, communauté de communes, département) ou bien un EPCC (établissement public de coopération culturelle) ?

Le musée Lansyer est l’un des trois établissements qui bénéficient de l’appellation Musée de France, avec le musée de Préhistoire du Grand Pressigny (géré par le Conseil départemental) et le musée René-Descartes (communal).

Loches fait également partie des « Plus beaux détours de France », ce qui attire l’attention sur la richesse de son patrimoine et l’importance des services proposés aux visiteurs.

Dans le territoire, Montrésor fait partie de l’association des Plus beaux villages de France (avec son château, sa collégiale ou encore sa Halle aux Cardeux).

Le site du Liget (Corroirie, chartreuse et chapelle) est d’une grande richesse.

Le village de Chédigny possède pour sa part le label « jardin remarquable ».

S’agissant du site du Louroux, les documents dont nous avons pu prendre connaissance indiquent que le site a fait l’objet de nombreuses réflexions. Il ne nous semble pas toutefois que cela ait permis de faire émerger un projet fort et distinctif.

Le territoire est riche de châteaux (Boussay, Bridoré, Grillemont, La Guerche, Montrésor, Paulmy, Rouvray, Saint-Germain…), d’églises (Ferrière-Larçon, Le Grand Pressigny, Loches, Marcé-sur-Esves, Nouans-les-Fontaines, Preuilly-sur-Claise…) et d’abbayes (Beaulieu-lès-Loches, Cormery…), mais aussi d’éléments relevant du « petit patrimoine » : églises, chapelles, lavoirs… À titre d’illustration, on peut citer la Danse macabre de la chapelle de Tous-les-Saints à Preuilly-sur-Claise, qui fait l’objet d’un projet de restauration.

On compte plusieurs musées locaux, comme le musée Mado Robin et le musée Minerve (Yzeures sur Creuse), le musée Descartes, le musée de la Poterne, le musée de Préhistoire de Bossay-sur-Claise (associatif) ou encore le musée de l’Outil (privé). Sans oublier l’Archéolab à Abilly ; ainsi que l’observatoire astronomique-planétarium de Tauxigny, géré par société astronomique de Touraine.

On peut enfin mentionner la maison du Carnaval de Manthelan, la galerie du Champignon à Loches, la carrière de Vignemont et à Beaulieu-Lès-Loches une forge visitable ponctuellement.

Dans le domaine du patrimoine naturel, on mentionnera l’Espace naturel sensible des Prairies du Roy (Loches), des jardins (Beaulieu-lès-Loches, Chédigny, Descartes, Loches, Sepmes…), ainsi que plusieurs sentiers d’interprétation. »

« D’une manière générale, les musées locaux attirent peu de visiteurs, ce qui est dû à la faiblesse des bassins de chalandise (nombre d’habitants et touristes), mais aussi à une masse critique ou à une attractivité limitée.

La situation démographique du territoire a été rappelée précédemment. En ce qui concerne les flux touristiques, il semble que ce territoire ne soit pas encore suffisamment perçu comme une destination possible pour des excursions ou des courts séjours.

Or, celui-ci – très bien desservi du point de vue routier et autoroutier – est situé à proximité de sites qui attirent des centaines de milliers de visiteurs (Azay-le-Rideau, Chaumont, Chenonceau, Le Clos-Lucé, Villandry…), mais également à proximité du zoo de Beauval, qui attire plus d’un million de personnes chaque année. »

« Les réponses à envisager dans ce cadre diffèrent selon les cas.

Le musée départemental de la Préhistoire du Grand Pressigny est un équipement de grande qualité, ce qui ne se traduit pas dans sa fréquentation (environ 15.000 visiteurs par an, malgré les récents travaux de restructuration). 3 leviers de développement pourraient être utilisés pour atteindre 25.000 visiteurs par an :

  1. Accroître les moyens en promotion et en communication.
  2. Travailler en lien avec 2 autres sites proches sur la thématique de la préhistoire pour renforcer l’attrait de leurs offres respectives : Le Roc-aux-Sorciers (Angles-sur-l’Anglin) et le musée de Préhistoire de Lussac-les-Châteaux. Ces trois sites permettraient de former un pôle fort sur le thème de la préhistoire, pouvant s’affirmer comme une destination sur le plan touristique à travers des offres complémentaires et un pass commun.
  3. Renforcer la mise en réseau du musée avec les lieux de visite les plus importants situés à proximité. »

Notre remarque : nous avions souligné cette convergence thématique autour de la « préhistoire » qui n’apparaissait pas dans l’étude liée au tourisme (voir l’article «L’art de flâner »).

« Le musée Mado Robin pourra difficilement prétendre atteindre une notoriété importante.

Le musée René-Descartes à Descartes – qui bénéficie de l’appellation « Maison des Illustres » peut bénéficier par définition d’une notoriété plus importante, mais on connaît la difficulté des maisons de personnages célèbres à attirer de nombreux visiteurs.

Le musée de la Poterne à Preuilly-sur-Claise bénéficie de collections diversifiées, mais dont l’importance n’est sans doute pas suffisante pour motiver le déplacement de visiteurs extérieurs au territoire.

Le cas du musée de l’Outil de La Celle-Guenand, qui appartient à une personne privée, est plus singulier. Il conviendrait de réfléchir à un véritable projet scientifique et culturel, sur la base de l’acquisition de la collection, avec 3 entrées : ethnographique, scientifique et technique, et artistique. »

« Ajoutons à ce propos qu’il existe à Loches une collection dormante constituée par Jacques-Marie Rouget, qui attirait à l’époque 10 000 visiteurs.

On n’oubliera pas non plus de signaler la mémoire à valoriser de la culture des champignons à Loches, mémoire possiblement présentable mais actuellement peu organisé. »

Options possibles pour le patrimoine :

« Au vu de la richesse du patrimoine et de la faiblesse des moyens (notamment humains) qui lui sont consacrés, on peut penser que la valorisation culturelle, éducative et touristique de ce dernier passerait par deux grands axes d’intervention de la communauté de communes :

Sauvegarde, restauration et conservation du patrimoine : outre les éléments majeurs du patrimoine, les éléments venant en complément et qui sont souvent la propriété des communes ou de privés pourraient faire l’objet d’une attention particulière et d’une aide de la part du groupement de communes.

Interprétation et animation du patrimoine : cela offrirait des possibilités en matière de visite et d’animation des petits lieux du territoire, qui ne bénéficieront probablement jamais des moyens humains à la hauteur de leurs besoins. Ce serait également l’occasion de restructurer l’actuel Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine et de revoir sa scénographie. »

Le cabinet « Option Culture » propose :

Dans notre dernier article relatif à cette étude d’une possible action culturelle communautaire, nous donnerons à voir les préconisations d’« Option Culture » faites à la communauté de Communes Loches Sud Touraine.

Les caractères en bleu sont des citations orales ou écrites

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ISSN 2610-5942

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