L’HÉMORRAGIE DE LA TAXE DE SÉJOUR

La communauté de Communes Loches Sud Touraine (CCLST) a fait sa rentrée touristique le 19 mars 2018 à Loches, salle Agnès Sorel.

Le président de la CCLST Gérard Hénault, les élus en charge de cette compétence à savoir Jacky Périvier en qualité de vice-président de la CCLST et Valérie Gerves en qualité de présidente de l’Office de tourisme communautaire, ont présenté aux professionnels, commerçants lochois, élus locaux, le film promotionnel du territoire, toujours sous l’égide du slogan « L’art de flâner » (voir l’article « L’art de flâner »).

Voici ce film de 4 minutes :

https://www.youtube.com/watch?v=l8EPE-sgmPE

Vous constaterez comme nous que de très nombreux plans sont consacrés à la Commune de Loches, sa vieille ville, son centre aquatique Natureo, puis d’autres au golf de Verneuil sur Indre, à l’accrobranche de Chemillé sur Indrois, à la Commune de Chédigny, aux bords d’eau et aux nuits solaires de Montrésor, aux prairies du Roy de Beaulieu les Loches.

L’ex Grand Ligueillois est distingué par une séquence de planeur au Louroux. C’est tout. Rien sur son abbatiale ou autre chose.

L’ex Touraine du Sud est représentée par une vue aérienne du château du Châtelier à Paulmy, du Musée de la préhistoire du Grand Pressigny et du château de La Guerche. Rien sur le musée maison natale de René Descartes à Descartes ou son admirable jardin public. Ne serait-ce qu’un plan. Cela ne doit pas être raccord avec le positionnement « L’art de flâner ».

Derrière la mise en scène de la romance de nos deux touristes, ce qui est mis en valeur est bien la Commune de Loches et ses environs immédiats. Rien de plus normal puisque l’offre touristique est principalement située dans cette Commune.

Ce valorisant spot de pub a été financé par la taxe de séjour qui est collectée auprès des touristes via les hébergeurs.

En 2016, nos 4 anciennes communautés de Communes avaient décidé de passer d’une taxe de séjour forfaitaire à une taxe de séjour au réel. La collecte d’environ 40 000 euros annuel devait passer à 160 000 euros (voir l’article « Les conseils de monsieur Bricolage »).

Ce fut bien le cas, puisqu’en 2016 les produits issus de la taxe de séjour au réel avait été de 150 000 euros, moins 10% qui reviennent au Département (voir l’article « Cap touristique » ). Il a été annoncé ce 19 mars 2018 que le montant collecté en 2017 avait été de 186 000 euros, à minorer toujours des 10% qui reviennent au Département, soit environ 170 000 euros pour la CCLST.

Nous avions expliqué dans un précédent article (voir l’article « L’invité surprise » ) l’usage qui pouvait être fait de la taxe de séjour. Pour résumer, elle ne peut servir qu’à des dépenses qui favorisent la fréquentation touristique d’un territoire, que ce soit des travaux d’amélioration qualitative de l’espace public, du financement de manifestations culturelles ou sportives susceptibles d’attirer des touristes, ou encore de la communication comme le spot de pub qui a été rendu public.

Bon, voilà pour le côté cour. Faisons maintenant une petite incursion côté jardin. Pour cela il nous faut revenir au 01er février 2018 à Genillé.

La séance plénière du conseil communautaire de la CCLST avait été reportée à 19H30 au lieu de l’habituel horaire de 18H00. Avant, avait été organisée une « conférence des Maires » (voir l’article « Mélodie en sous-sol »).

Arrivé en avance, j’avais le choix entre rester à l’extérieur de la salle des fêtes de Genillé et baigner dans un bain vivifiant à -2°C, ou rester dans le sas d’entrée chauffé. Je me suis mis au chaud. Bien m’en a pris, puisque j’ai pu entendre ce qui se disait dans la salle.

Jacky Périvier, vice-président en charge du tourisme a fait une intervention à propos de la taxe de séjour au réel :

« Les hébergeurs ont l’obligation, c’est une imposition légale, de collecter auprès de leurs clients la taxe de séjour. Les tarifs ont été définis par la communauté de Communes. Ils ont été harmonisés en 2016 (voir l’article « Les conseils de monsieur Bricolage »). »

« Tous les 3 mois, les hébergeurs du territoire doivent fournir un état de leurs locations et verser le montant qu’ils ont collecté, la taxe de séjour. A savoir que l’argent collecté est un impôt. »

«Il y a un système de relance automatique parce-que parfois les hébergeurs n’envoient pas leurs déclarations. »

« On a un agent à mi-temps qui est dédié à la collecte de la taxe de séjour et qui s’en occupe de façon remarquable. Il y passe du temps, il est l’objet de menaces et il s’en prend plein la tête. Passons. Ça nous conduit à envoyer un courrier parfois pour ramener tout le monde à la raison et dire qu’il est là pour faire son boulot. »

«Au 26 janvier 2018, pour l’année 2016 il y a 8 hébergeurs qui n’ont toujours pas fait leurs déclarations. Pour l’année 2017, les déclarations qui devaient être faites au 15 avril il y a 13 hébergeurs sur 547 qui n’ont pas déclaré, pour le 15 juillet, 25 n’ont pas déclaré, au 3eme trimestre déclaration au 15 octobre, 35 [n’ont pas déclaré], et plus on avance dans le temps au 4eme trimestre 2017 pour les déclarations qui doivent être faites au 15 janvier 2018 c’est 143 [qui n’ont pas déclaré]. »

« Afin d’éviter l’accentuation de ce phénomène de non déclaration dans les temps, pour sortir de cette hémorragie il convient d’envoyer un message fort aux hébergeurs. La comcom [communauté de Communes] et les Communes sont prêtes à mettre des sanctions annoncées et jamais appliquées jusqu’à présent. »

« Les sanctions sont définies par un article du code général des collectivités territoriales et l’absence de déclaration, à savoir 750 euros par absence de déclaration et par hébergement. Ça calme. Et seuls, c’est pour cela qu’on a voulu aborder ce sujet aujourd’hui, seuls les Maires, et non pas la comcom, seuls les Maires ont le pouvoir d’appliquer cette mesure, la communauté de Communes pouvant simplement proposer un accompagnement individuel afin de fournir les informations nécessaires.»

Alors que la taxe de séjour est comme la TVA un impôt collecté par les hébergeurs, payé par nuitée par les touristes, de grandes difficultés existent pour la faire rentrer. Pourtant, les hébergeurs ont théoriquement tout intérêt à la reverser pour financer des actions de promotion touristique du territoire.

Des 170 000 euros collectés par la CCLST en 2017, il convient de défalquer le coût de la plateforme électronique de déclaration proposée par l’entreprise privée marseillaise Nouveaux Territoires SARL (voir l’article « L’invité surprise ») et le coût du salarié à mi-temps chargé de relancer les récalcitrants ou oublieux.

Bref, beaucoup d’efforts sont déployés pour collecter tout au plus 150 000 euros nets par an. Quand on pense que seulement 5 sages éoliennes permettraient des retombées fiscales pour nos collectivités locales du même ordre (voir l’article « Une étude de moulins à vent »).

Si la CCLST en était resté à la taxe de séjour forfaitaire, sans déclaration trimestrielle des nuitées, et que le territoire se soit doté de quelques éoliennes, les rentrées fiscales auraient été du même ordre, sans ces difficultés pour recouvrer les fonds.

Vous auriez raison de dire que des éoliennes n’ont rien à voir avec le tourisme, mais puisque Gérard Hénault président de la CCLST les oppose (voir l’article « Plan climat : les éoliennes en question »), tout comme son conseil l’association AEST37 (voir l’article « Les passions de l’âme »), à notre tour de nous vautrer dans cette facilité.

Concernant spécifiquement le spot de pub touristique territorial, il a le mérite d’exister même s’il est d’un classicisme achevé, de ceux que tous les territoires produisent. Pour reprendre les mots prononcés par Michel Guignaudeau le 09 novembre 2017 lors du conseil municipal de Ligueil (voir l’article « Un partenariat postal forcé » ) :

« L’attractivité c’est quoi ? C’est aller chercher des idées que les autres n’ont pas. »

Nous sommes en plein accord avec ces paroles. Pas certain que cette bande annonce touristique de 4 minutes en soit la démonstration.

Au fait, le mardi 20 mars 2018 à 21H30, je me trouvais en plein centre-ville de la très touristique Commune de Loches. J’y ai cherché ne serait-ce qu’un troquet pour casser une petite graine ou boire un gorgeon. Rien n’était ouvert. Absolument rien.

Les caractères en bleu sont des citations orales ou écrites

Voir article: pointez le titre, cliquez, et l’article s’ouvre

ISSN 2610-5942

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4 réflexions sur “L’HÉMORRAGIE DE LA TAXE DE SÉJOUR

  1. A Descartes, rien pour le tourisme et au co’traire le projet qui tient à coeur à l ancien maire et à l actuel de réhabiliter l ancien barrage afin d utiliser l énergie « verte » de l hydroelectricite s oppose aux cyclistes qui voudraient retrouver le tracé naturel de la rivière. Cf le journal le monde du 13 avril.

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    1. Rassurez-vous! Comme il n’y a plus un kopeck en caisse, tout le monde peut bien avoir des projets…..
      La Commune est juste en mesure d’isoler thermiquement 1 de ses bâtiments par an, subventionné à 80%, sans avoir fini la Chartrie où les fenêtres simple vitrage sont encore très très nombreuses.
      La Creuse n’est ni de compétence Communale, ni communautaire. Cependant, sur les rivières secondaires, l’Esves, la Claise, il serait possible sans barrage de créer des biefs ou réhabiliter d’anciens moulins où seraient installées des turbines hyrdo électriques.

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  2. Marc Angenault, grand perdant des législatives et malmené dans son fief Lochois, récupère à tour de bras les outils de LST, pour sauver son catastrophique mandat de maire. Le schéma directeur en matière économique est orienté essentiellement sur son pôle central : le Lochois. Le bassin de vie de Ligueil est rayé de la carte. Le manager des commerces est employé essentiellement à la ville de Loches. La ville de Ligueil, malgré sa participation financière, n’a bénéficié à ce jour d’aucun appui. Et comme vous le démontrez fort bien dans cet article, le développement touristique est au service de Loches. L’office du tourisme de Ligueil: Portes clauses la plupart du temps ( en particulier durant les vacances!) Vous y demandez des renseignements sur les hébergements, les restaurants et les loisirs et vous recevez une panoplie de flyers et autres brochures situés à …Loches! Il serait grand temps que cela cesse.

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