OPTION CULTURE : LES BIBLIOTHÈQUES ET CINÉMAS

Nous continuons à égrener le rapport établi par le cabinet extérieur « Option Culture » étudiant la situation de la politique culturelle de la communauté de Communes Loches Sud Touraine (CCLST) et ses préconisations.

Après la présentation générale (voir l’article « Option culture : panorama de l’étude ») et les écoles de musique (voir l’article « Option culture : les écoles de musique »), nous vous rendons compte aujourd’hui de ce qui est dit des bibliothèques et des cinémas.

La lecture publique :

Le constat d’« Option Culture » est le suivant :

« Le territoire est doté de :

  • Une antenne de la Direction départementale du Livre et de la Lecture Publique (DdLLP) localisée à Loches, sachant que deux autres antennes existent, l’une à Tours et l’autre à Chinon.
  • 5 médiathèques municipales, à Loches, Descartes, Preuilly-sur-Claise, Yzeures-sur-Creuse et Genillé (des bénévoles y sont parfois associés).
  • Une trentaine de bibliothèques associatives (gérées par des bénévoles).
  • Des associations de soutien à la lecture publique.
  • Des points-lectures ou dépôts de livres, souvent alimentés par des dons.

Aucune médiathèque ou bibliothèque intercommunale.

Les lieux de lecture publique du territoire sont très divers. Leur offre documentaire et de services l’est tout autant, ainsi que leur politique d’ouverture au public (de 3h à 18h hebdomadaires).

Les budgets d’acquisitions vont de 0 à 15 000 €. Les modes de gestion privilégient encore la forme associative bien que cinq soient placées en régie directe. »

Les bibliothèques associatives :

« Elles sont assez bien réparties entre le nord et le sud du territoire. Elles se trouvent dans des situations très diverses ; toujours logées dans des locaux mis à disposition et équipés en mobilier par les communes, leur budget de fonctionnement ne bénéficie pas toujours d’une subvention municipale.

Certaines bibliothèques ne fonctionnent que grâce à des dons et à l’adhésion des lecteurs.

L’existence en grand nombre de petites bibliothèques en zone rurale provient de la politique initiée par le Département depuis une dizaine d’années. Elle consistait à substituer au bibliobus l’implantation de bibliothèques de proximité. Or la vie d’une petite bibliothèque bénévole dépend beaucoup de l’implication de la mairie et de son soutien pour disposer d’un lieu, d’un fonds et d’animations satisfaisants.

En fonction de ce soutien et de l’engagement des équipes bénévoles, les plages d’ouverture et les activités diffèrent beaucoup. Certaines parviennent cependant à animer leur village. Les responsables de bibliothèques témoignent d’un essoufflement du bénévolat, ce qui fait porter la charge de l’animation sur un nombre restreint de personnes (souvent le bureau associatif) et complique la gestion administrative.

Il faut également souligner que ces bibliothèques associatives, comme celle de Ligueil, sont installées dans des locaux devenus parfaitement inadaptés (de l’avis du Maire), situation qui obère bien évidemment toute chance de voir progresser l’intérêt porté par les habitants à ces lieux de culture. »

La médiathèque de Loches :

« La plus importante médiathèque du territoire est implantée à Loches avec 1 120 emprunteurs inscrits.

Il se trouve que cet établissement n’est plus au niveau de ce qui est généralement attendu dans une ville de cette importance; ce constat est partagé par les responsables politiques lochois et par le personnel de ce service municipal.

L’équipement n’a pas connu de rénovation significative depuis son ouverture en 1982. Il a depuis été « partagé » avec diverses activités communales qui ont évolué au cours du temps, dont le service jeunesse qui y maintient une présence restreinte. Les affectations successives de certains espaces ont laissé des traces sur le bâti. Cet établissement ne correspond plus du tout aux normes actuelles de la bibliothèque lieu de service et de vie sociale. Son équipe – limitée – est constituée de 4 agents. Par ailleurs, le programme des animations est très réduit (le budget alloué en 2017 est inexistant). »

Les autres médiathèques communales :

« Une situation intermédiaire existe à Preuilly-sur-Claise (1 agent) et à Descartes (3 agents). Ces deux communes disposent de bibliothèques communales professionnalisées, attrayantes et dynamiques (des animations et des services y sont présents toute l’année). La bibliothèque de Descartes est également un service offert aux touristes venant séjourner au camping et dans les gîtes alentours. Notons que certaines communes peuvent affecter un agent à temps partiel à leur bibliothèque, sans qu’il s’agisse d’un professionnel qualifié. »

Notre remarque 1:

La médiathèque de Descartes emploie 4 agents représentant 3 équivalents temps plein (ETP). Au plus 250 emprunteurs y sont inscrits.

Celle de Loches emploie 4 agents représentant 3.5 temps plein, pour 1120 emprunteurs.

Notre remarque 2 :

Les médiathèques de Descartes et de Loches ne sont ouvertes au public que 17 à 20 heures par semaine, alors que le volume horaire hebdomadaire de la plupart des employés est de 35 heures.

Les associations de sensibilisation à la lecture publique :

« Elles agissent sous diverses formes, à travers l’organisation des salons ou foires du livre. Parmi elles existent la médiathèque «Forêt des Livres» à Chanceaux-près-Loches et l’association «le Champ des livres» avec ses actions nomades. Cette dernière porte ainsi une offre de proximité dans une très grande partie du territoire. »

Considérations complémentaires :

« Il existe dans le territoire plusieurs petites maisons d’édition, ainsi que des auteurs, ce qui n’est pas si fréquent.

Dans les bibliothèques du territoire, les services que l’on attend désormais des établissements de lecture publique ne semblent pas bénéficier des moyens nécessaires à leur développement.

Les animations et les services (comme les points Internet) ne semblent pas présenter un intérêt suffisant pour attirer de nouveaux publics (ce sont toujours les mêmes personnes, peu nombreuses, qui les utilisent).

S’agissant de la dynamique de coopération inter-établissements, les partenariats durables entre les bibliothèques de Loches Sud Touraine semblent très réduits.

S’agissant de l’aide obtenue de la part de la Bibliothèque départementale, celle-ci offre un portail numérique nommé Nom@de, mais qui se voit confronté à des problèmes d’accessibilité à Internet dans certaines zones.

Les formations «Sésame» pour les professionnels et les bénévoles offre une aide potentielle, notamment en matière d’animation.

Il convient enfin de mentionner ici que certains fonds anciens pourraient être mieux valorisés; c’est le cas des incunables issus de la Chartreuse du Liget, conservés par la ville de Loches et animés par le service du patrimoine (et non par la bibliothèque municipale). »

Notre remarque : L’étude ne mentionne pas le fonds de livres légué par André Jacob à la Commune de Descartes en 2005 (voir l’article « Descartes abandonne la philosophie »). 10 000 ouvrages de première qualité sont entreposés au dernier étage de la maison Chabrier, sans usage ni valorisation.

« Bien que des équipements de lecture publique soient présents dans l’ensemble du territoire, on compte, à cette échelle territoriale, bien peu de structures professionnalisées.

Il n’existe pas de réseau formel, ni même informel, chacun agissant au sein de sa commune, voire au profit des communes limitrophes.

En dehors des prêts de la DdLLP, aucun moyen n’est mutualisé, alors que cet aspect pourrait concerner le catalogage, les animations, la communication, les tâches administratives…

Des actions de lecture publique sont réalisées de manière itinérante, des relais d’assistantes maternelles aux maisons de retraite, en passant par des cafés, en particulier celles menées par « Le Champ des Livres », ce qui permet d’imaginer un déploiement assez large sur l’ensemble de Loches Sud Touraine, à condition de prévoir les moyens nécessaires. »

Options possibles pour les bibliothèques / médiathèques :

Le cabinet « Option Culture » propose 3 scenarii possibles pour les bibliothèques actuelles, qu’elles soient municipales ou associatives.

Option 1 :

Option 2 :

Option 3 :

Et de conclure :

« Seules les deux dernières formules permettraient à la CCLST de travailler dans le cadre d’un programme transversal d’aménagement du territoire et de service aux habitants en zones rurales. Concrètement, la création d’une médiathèque communautaire suppose l’adhésion des élus de Loches, Descartes, Preuilly-sur-Claise, Genillé et Yzeures-sur-Creuse à minima. »

Le cinéma :

Voici l’état des lieux fait par « Option Culture » :

« L’offre audiovisuelle est accessible de manière régulière en plusieurs lieux:

  • Loches de manière permanente par un cinéma privé composé de deux salles labellisées « Art et Essai »
  • Descartes de manière permanente par un cinéma municipal.
  • Plus ponctuellement dans la salle réhabilitée à Cormery et au foyer rural de Ligueil, les séances étant alors assurées par Ciné Off, l’Association des Cinémas du Centre (ACC) et/ ou Terre(s) d’images.

 Pour ces séances, la tarification, moins chère que celle des multiplexes, est assez cohérente pour l’ensemble de ces lieux. Des projections « jeune public » sont proposées en sus de la programmation principale, tout-public (également à Montrésor en plus des lieux précités). En outre, Terre(s) d’images organise chaque année, sur un mode participatif, un festival sur une demi-semaine; il rassemble environ 500 personnes provenant très majoritairement des villages alentours dans plusieurs salles de l’ancien territoire de la CC du Grand Ligueillois, en rotation selon les années.

Ainsi coexistent deux fonctionnements tout à fait différents entre le secteur subventionné et le secteur commercial. Le privé, uniquement à Loches, qui a la charge d’un équipement structurant pour le territoire et dont l’équilibre économique est précaire (qui fonctionne cependant avec une masse salariale réduite à un ½ poste, le directeur étant retraité) propose une offre qui répond à la fois aux attentes des habitants et des touristes, avec une ouverture y compris pendant la période estivale (30 000 entrées annuelles).

L’action financée par les subsides publiques et à laquelle contribuent également des bénévoles se déplace en milieu rural, inclut des principes collaboratifs et festifs dans sa démarche, et est moins dense. »

Notre remarque : la Commune de Descartes est la seule à gérer en direct le cinéma municipal. Il est piloté par deux employés municipaux, soit 1.65 équivalents temps plein (voir les articles « Tout un cinéma »  et « Encore du cinéma » ).

« Il est a priori malaisé de parler d’intérêt communautaire en matière d’audiovisuel ; en effet, les actions menées par les parties prenantes sont dispersées sur des portions du territoire. Cependant, il ressort deux aspects principaux :

L’enjeu de l’éducation à l’image à destination des enfants et des adolescents est très forte, où que l’on soit en France. Alors que la plupart des cinémas de villages et de bourgs ont disparu, il est un fait qu’une large partie de la population du territoire se tient éloignée d’une offre « art et essai », c’est à- dire cette offre qui est capable de contrebalancer le pouvoir du cinéma commercial par les actions de médiation qu’il permet (bien qu’il faille signaler les projections estivales de plein air proposées aux alentours de Descartes). »

 Options possibles pour le cinéma :

Le cabinet « Option Culture » propose :

« S’agissant des salles de projection en tant que telles, les situations sont si variées qu’il ne semble pas adéquat de prévoir une compétence spécifique, d’autant plus que l’éducation à l’image est déjà assurée par l’association Ciné-Off.

Cependant, une aide à l’amélioration des équipements (accessibilité, évolutions techniques…) pourrait être prévue, même si elle serait mobilisée ponctuellement : celle-ci pourrait être intégrée à une compétence « mise à niveau des équipements culturels », quel que soit le secteur concerné, encore que l’on puisse considérer que cette compétence relève plutôt d’autres échelons territoriaux.

Enfin, dans le cadre d’une politique jeunesse, la délivrance de Pass’ciné pourrait être une contribution simple de mise en œuvre et finalement assez peu coûteuse.

En ce qui concerne les festivals liés au cinéma, la démarche est proche de celle des festivals d’art vivant. Ainsi, les logiques d’aide matérielle, d’aide à la communication et de coordination des dates sont ici également valables. »

Nous complétons cet état des lieux en rappelant que d’après les résultats de l’enquête publique auprès des descartois menée en mars 2017 par l’association « Servir Descartes », le cinéma et la bibliothèque sont les équipements municipaux les plus fréquentés par la population, bien plus que n’importe quel autre équipement, y compris ceux dédiés au sport.

70 personnes sur 139 répondants déclarent fréquenter le cinéma (50%)

40 personnes sur 139 répondants déclarent fréquenter la bibliothèque (29%)

Dans notre prochain article, nous traiterons des autres offres culturelles.

Les caractères en bleu sont des citations orales ou écrites

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ISSN 2610-5942

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