LES PASSIONS DE L’ÂME

Voici le troisième volet, et pour l’instant le dernier, de notre analyse de la question éolienne pour notre Sud Touraine. Faute de débat structuré en conseil communautaire de Loches Sud Touraine (CCLST) (voir l’article « Plan climat : les éoliennes en question » ), au moins aurons-nous contribué pour notre part à une ébauche.

Après les éléments généraux de contexte (voir l’article « Règles pour la direction de l’esprit »), la présentation du projet de la Commune de Bridoré le 29 janvier 2018 par la PME Soleil du Midi (voir l’article « Une étude de moulins à vent »), nous allons aujourd’hui nous attarder sur l’argumentaire de l’AEST37 (Association Environnementale du Sud Touraine) qui est contre ce projet, comme elle l’a été de tous ceux qui ont pointé leur nez en Sud Touraine.

Apprenant l’existence du projet de champ éolien à Bridoré, cette association s’est fendue le 17 janvier 2018 d’un communiqué de Presse. Voici leur argumentaire que nous publions intégralement, commenté au fur et à mesure que les arguments seront avancés :

« Communiqué AEST  =   Pourquoi des éoliennes privées à Bridoré et pourquoi faire ? »

L’AEST se demande pourquoi des éoliennes seraient installées à Bridoré. C’est tout d’abord parce que la Région Centre Val de Loire est très loin des objectifs 2020 du schéma régional climat air énergie (SRCAE), que l’éolien est pour le département d’Indre et Loire le second potentiel après la méthanisation (voir les articles « Développement social et agricole » et « Règles pour la direction de l’esprit »), et qu’aujourd’hui cette ressource importante n’est pas du tout exploitée en Indre et Loire. La Commune de Bridoré s’inscrit dans un périmètre favorable au développement de l’éolien (voir l’article « Règles pour la direction de l’esprit »). Voilà pourquoi.

« Annonce étonnante, dans le bulletin municipal, du lancement d’un projet privé d’usines éoliennes d’électricité porté par la firme Soleil du Midi très proche de la firme allemande ABOWIND qui a déposé un projet jumeau sur Fléré la Rivière. »

Il y a bien 2 projets voisins qui s’inscrivent dans la même zone. Jusque-là rien d’illogique. La « firme » Soleil du Midi est une PME d’une dizaine de personnes qui œuvre dans le solaire photovoltaïque et l’éolien, alors que l’entreprise Abo Wind France, entreprise d’environ 60 salariés est filiale d’un groupe allemand. Soleil du Midi et Abo Wind sont donc concurrents. C’est sans doute ce que l’AEST37 veut dire par « proche ».

« Pourquoi des financiers et des développeurs industriels choisissent-ils de produire, à titre privé, de l’électricité dans une région qui produit déjà plus d’électricité qu’elle n’en consomme ? C’est aussi absurde que de prétendre vendre des glaces aux Esquimaux. »

Ce qui semble gêner l’AEST37 c’est que les opérateurs soient des entreprises privées. Bon, regardons cela.

De l’après seconde guerre mondiale aux milieux des années 90, l’Etat était le seul à pouvoir légalement produire de l’énergie. C’était un monopole d’Etat. Charbonnages de France, EDF, GDF étaient des entreprises nationales, tout comme Elf et Total pour le pétrole. La Cogema, elle aussi publique, s’occupait du nucléaire. Il était interdit à quiconque de produire le moindre KWh. J’ai connu dans les années 70’ un enseignant qui avait installé une turbine dans le ruisseau qui traversait son terrain pour auto-consommer l’électricité produite : il a eu les pires ennuis.

Depuis la fin des années 90’, la politique européenne a ouvert ce marché. On peut s’en féliciter ou le regretter, c’est ainsi. Aujourd’hui, la situation est exactement inverse à celle de la seconde moitié du 20eme siècle : le marché est presque totalement ouvert, les entreprises nationales ont soit été privatisées soit au capital ouvert aux investisseurs privés, français ou étrangers. Compte tenu de l’urgence climatique que plus personne ne conteste aujourd’hui alors qu’il y a 20 ans c’était encore le cas, une politique d’incitation d’investissement énergétique privé est menée.

Pour autant, EDF s’intéresse aujourd’hui à l’énergie éolienne terrestre. C’est même son premier axe de développement d’énergies nouvelles (*) :

Second argument de l’AEST37, notre Région produit plus d’électricité qu’elle n’en consomme. Mais cette énergie est-elle renouvelable, c’est-à-dire pérenne dans le temps ? C’est ça la question. En Indre et Loire, nous voyons les bornes de chargement des véhicules électriques fleurirent un peu partout. Imaginons que le parc automobile électrique s’accroisse considérablement au détriment des véhicules à moteur thermique : comment et qui produira cette électricité ?

« Pourquoi avoir ciblé une région peu ventée avec des déventes totales lors des Hautes Pressions d’été et d’hiver ? »

En Région Centre Val de Loire il y a des éoliennes d’implantées, mais pas une en Indre et Loire. La production d’énergie de source éolienne représente pour la Région déjà 1766 GWh. Et pourtant pour l’AEST37 elle serait si peu ventée qu’il serait aberrant d’y installer des éoliennes ? Relisez notre article « Règles pour la direction de l’esprit ».

« La production sera intermittente et aléatoire alors que la consommation doit être assurée de façon stable, invariable. »

Non, la consommation électrique n’est pas invariable, stable. Elle dépend des saisons, du jour de la semaine et au cours d’une même journée varie de minute en minute. Voici ce qu’indique RTE (Réseau de Transport d’électricité) pour 2 journées récentes prises au hasard :

Oui la production éolienne, mais aussi solaire, est intermittente. C’est sa caractéristique. Elle permet pour sa part d’atteindre les pics de consommation sans recours aux énergies fossiles.

Les énergies qui se stockent, permettant une production continue sont aujourd’hui le charbon, le pétrole, le gaz, l’hydraulique et le bois. Le charbon, le pétrole et le gaz contribuent au réchauffement climatique. La combustion du bois libère des gaz à effet de serre qu’il séquestrait. Les biocarburants font concurrence aux cultures vivrières. Ne reste que l’hydraulique de barrage qui se stocke et qui ne contribue pas directement au réchauffement climatique. Mais en France le maximum a été fait, hors micro hydraulique sur des dérivations de rivières. Il reste à développer la technologie des « méthaniseurs », du biogaz à partir d’ordures ménagères ou d’effluents d’animaux d’élevage, qui se stocke (voir l’article « Développement social et agricole »).

Alors, comment fait-on? La première source d’énergie est celle des économies d’énergie, celle qui n’est pas consommée. En 2020 nous devrions consommer 20% de moins qu’en 1990. Y serons-nous ?

En attendant un déploiement important de méthaniseurs, technologie prometteuse qui entre juste en phase mature, rejette-t-on toute source d’énergie intermittente pour favoriser les énergies fossiles ou minérales ? Et accélérer le réchauffement climatique ?

« Comment des élus peuvent-ils décider sans information contradictoire et sans consultation des habitants de leur faire subir des nuisances et des pertes de valeur de leurs biens partout constatées chez les riverains d’aérogénérateurs ? »

L’AEST37 semble ignorer qu’une consultation des habitants aura bien lieu dans le cadre de l’enquête Publique.

Alors que ce projet n’en est qu’à ses tout débuts, l’entreprise a fait du porte-à-porte chez les habitants de Bridoré et a organisé sa première permanence d’information (voir l’article « Une étude de moulins à vent »). L’AEST37 n’est pas venue le 29 janvier 2018 porter la contradiction. Dommage. Bien évité le débat contradictoire, documenté et serein.

Nous n’avons pas vu cette démarche d’implication, de consultation de la population quand il s’est agi de fusionner les 4 communautés de Communes en une seule. L’AEST37 s’en est-elle émue ? Pour les éoliennes de Bridoré, la population est déjà informée, déjà consultée, sera concertée et aura son mot à dire. L’opinion de la population sera portée au dossier, comme l’avis d’une trentaine d’autres organismes.

Nous avons déjà répondu à l’argument de perte de valeur des biens immobiliers (voir l’article « Une étude de moulins à vent »).

L’AEST37 ne détaille pas la nature « des nuisances » que subiraient les habitants. Mais précédemment, pour un autre projet, voilà ce qu’ils écrivaient  dans un texte intitulé « Regards sur une prétendue contre-intox »:

« Il fait état d’une protection acoustique des riverains par le seuil de 35 dBA imposé par l’arrêté du 26 aout 2011. Rappelons que le projet de texte de cet arrêté mentionnait le respect des 30 dBA du code de la santé publique, et qu’il a été porté à 35 dBA pour les éoliennes, notamment à la demande du syndicat des énergies renouvelables (SER). »

C’est exact. Mais que représente une source sonore de 30 dBA? C’est le niveau de bruit généré par des chuchotements humains. Une conversation normale génère 55 dBA. Le bruit d’une voiture à essence roulant à 60 km/h à 20 mètres génère un bruit de 65 dBA. Le bruit d’une éolienne qui respecte la norme de 35 dBA serait à peu près celle d’une conversation de personnes calmes situées à 500 mètres.

« Comment une municipalité peut-elle faire « cavalier seul » en lançant un projet qui est antagonique avec les choix de développement économique et en particulier touristique de la Communauté de Communes Loches Sud Touraine et sans accord avec les communes voisines qui vont-être « impactées » ? »

Tiens donc. Tout comme Gérard Hénault président de la CCLST, l’AEST37 oppose les éoliennes au tourisme sans mentionner d’étude qui indiquerait que les éoliennes sont des répulsifs à touristes (voir l’article « Plan climat : les éoliennes en question » ). C’est intéressant. Mais c’est normal, puisque l’AEST37 siège au conseil de développement de la CCLST (voir l’article « Développement social et agricole »). Cette instance cooptée, réputée être composée de spécialistes, conseille donc les élus de la CCLST.

A ce jour, nous n’avons pas connaissance de débats en séance plénière de la CCLST portant sur les choix retenus d’un projet territorial de développement touristique. Il n’y a pas eu de « choix » arrêtés officiellement par une délibération, même si par ailleurs des Communes telles que Loches, Montrésor ou Chédigny entre autres ont défini leur politique touristique municipale (voir l’article « Cap touristique »).

Les Communes voisines n’ont pas légalement à donner leur « accord » pour ce qui se passe chez leurs voisines. C’est le principe de libre administration de chaque collectivité territoriale, principe de rang constitutionnel. Pour autant, les Communes voisines émettront un avis qui sera porté au dossier remis au Préfet, qui en bout de course prendra sa décision.

« Comment une municipalité peut-elle aller à contre-courant des appréciations des maires frontaliers tant du 36 que du 37 qui dans un courrier collectif au Préfet de Région écrivaient le 6 juin 2014 :

 « Élus de la Touraine du Sud, du Boischaut-Nord, de la Brenne, nous nous tournons vers vous pour que nos territoires, dont la richesse naturelle et culturelle est l’un des principaux atouts, ne soient pas sacrifiés à la spéculation éolienne aveugle qui est en train de prendre une ampleur chaque jour plus inquiétante……nos politiques locales ont toujours consisté à préserver, d’une part, et à mettre en valeur, d’autre part, ces richesses héritées de la nature et des hommes à des fins économiques, comme en témoignent les efforts conduits pour la promotion de la Touraine du sud, autour de Loches, ceux du PNR de Brenne où ceux du Département de l’Indre, « pays des harmonies ».

Nous estimons que ces exceptionnelles richesses et que les efforts conduits jusqu’à maintenant pour les valoriser se trouvent aujourd’hui gravement compromis par l’irruption anarchique d’installations industrielles dont la prégnance et le gigantisme sont totalement incongrus par rapport aux caractéristiques de nos communes rurales. »

 Bon, des élus locaux défendent « l’harmonie » de leur territoire, font tout pour préserver « la richesse naturelle et culturelle » de leur territoire. OK. Mais que proposent ces élus comme alternatives énergétiques renouvelables ? Quelles énergies veulent-ils mettre en œuvre ?

La mention « irruption anarchique d’installations industrielles » est cocasse. Ce n’est pas anarchique puisque défini par le schéma régional existant (SRCAE) et le SRADDET (Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires) actuellement en cours ‘élaboration.

Ces « usines éoliennes » pour reprendre le vocabulaire de l’AEST37, ces « installations industrielles » n’émettent aucune fumée, aucune odeur, aucun rejet solide ou liquide, un bruit depuis 2011 très faible. Leur seul inconvénient est qu’elles sont imposantes et qu’elles se voient de loin, et ce n’est pas un moindre inconvénient. On rêve que toutes les « installations industrielles » aient aussi peu d’inconvénients.

« Dans une lettre du 5 octobre 2017 que nous avons adressée à toutes les municipalités de notre communauté de communes LST, l’Association Environnementale du Sud Touraine proposait que toutes les communes soient solidaires face aux projets privés éoliens dont elle donnait les réelles motivations :

« Dans toutes les régions de France et dans tous leurs documents publicitaires, les nombreux promoteurs des usines dites aérogénérateurs d’électricité, surjouent leur dévouement au sauvetage de la planète et à la préservation des générations futures en reprenant les discours les plus alarmistes sur le réchauffement climatiques dont ils seraient les remparts désintéressés… hélas cet engagement est datable : 8 juin 2001 après les arrêtés du Secrétaire d’État à l’industrie Christian PIERRET et du secrétaire d’État à l’environnement Yves COCHET qui créent l’effet d’aubaine pour les industriels et financiers allemands et hollandais implantant des usines électriques mues par l’énergie mécanique du vent : les capitaux étrangers récoltent la manne des tarifs subventionnés et lancent le mythe de la pureté du vent donc de leurs usines parées des mêmes vertus.»

« Les usines électriques mues par l’énergie mécanique du vent » seraient au bénéfice des « industriels et financiers allemands et hollandais », lesquels « surjouent leur dévouement au sauvetage de la planète et à la préservation des générations futures »Examinons cet argument :

Il est un fait qu’il n’y a que très peu de fabricants français d’importance d’éoliennes de grandes capacités. Les fabricants européens d’éoliennes sont principalement Allemands et Danois. Ce sont les éoliennes de ces pays qui seraient implantées à Bridoré, achetées par Soleil du Midi, installées, et ensuite propriété de la société d’exploitation qui pourra être à 100% détenue par des citoyens ou collectivités locales.

Dans cette configuration ce ne seront pas les « financiers allemands et hollandais [qui] récolte[ro]nt la manne des tarifs subventionnés ».

Les promoteurs de champs d’éoliennes ne font pas dans le caritatif. Ce sont des entreprises privées qui cherchent à vendre leur technologie. Comme toute autre industrie. Aujourd’hui il n’y a plus aucune entreprise publique de production d’énergie, même si les historiques ont une mission de service public, le financement ne peut donc qu’être privé.

Aujourd’hui, ce sont plutôt les tempêtes à répétition qui « surjouent », ce sont les sécheresses de plus en plus fréquentes et sévères qui « surjouent », c’est la montée du niveau de la mer qui « surjoue », ce sont les inondations à répétition qui « surjouent » (voir l’article «Le plan climat territorial »). Les compagnies d’assurances actuellement recrutent à tour de bras des climatologues pour évaluer les conséquences dans leurs comptes du dérèglement climatique.

Face à ça, que fait-on ? Quelle alternative aux éoliennes propose l’AEST37 ? Quelle étude a mené l’AEST37 pour le compte de la CCLST dont elle est conseil, présentée et approuvée en séance plénière, qui propose quoi que ce soit ? Aujourd’hui, il n’y a même pas de panneaux solaires installés sur les toitures des ateliers relais construits par la CCLST. Pas un.

« Les projets industriels éoliens n’ont pas un but caritatif ou humanitaire. Leur but n’est pas la bienfaisance mais l’opportunité de profiter de « l’effet d’aubaine » du rachat prioritaire de leur électricité et des tarifs subventionnés et autres avantages fiscaux variés : « une poule aux œufs d’euros » dont le surcoût est assumé par les consommateurs.

Comme tous les financiers et vendeurs du monde, les promoteurs ont élaboré un discours commercial qui pare leur marchandise de toutes les vertus :

– l’éolien n’émettrait pas de gaz à effet de serre mais comme il ne produit que lorsqu’il y a un vent adapté, son facteur de charge (rapport entre la puissance nominale installée et la production réelle) ne correspond qu’à 22 % de l’annonce. Il faut donc des centrales thermiques émettrices de CO2 pour compenser l’intermittence.

– l’éolien pourrait remplacer le nucléaire :

la substitution aux centrales nucléaires est une mystification qui surfe sur les angoisses générées par  les catastrophes passées = pour équivaloir en puissance installée celle de Chinon-Avoine, il faudrait 7500 aérogénérateurs de 2 MW répartis sur une surface de 18 000 km2 , soit un carré de 45 km de côté : où trouver une telle surface ? Ou encore une ligne d’aérogénérateurs, espacés au minimum de 500 m, d’une longueur de 2500 km ! Comme la production éolienne est intermittente et aléatoire combien faudrait-il construire de centrales à gaz (polluantes) et où les mettre ?

L’alternative reposant sur les éoliennes implique un scénario  =  nucléaire (pour la production de base) plus les éoliennes (quand il y a un vent adapté) plus les centrales thermiques (pour pallier les intermittences) plus les lignes à Haute Tension diffuses (pour le raccordement au réseau), plus les postes-transformateurs (de connexion au réseau) = un massacre des paysages.

Le Président de la République a recadré ces fantasmes le 18-12-2017 : « Si je ferme demain une centrale nucléaire, ce n’est pas vrai que l’on peut développer tout de suite du renouvelable » »

Qui a dit que l’éolien pourrait se substituer au nucléaire ? Qui dit cela en France ? Après l’époque du « tout charbon », puis du « tout pétrole » et du « tout nucléaire », nous n’entrons pas dans la période du « tout éolien ». Loin s’en faut. Comme TOUTES LES ENERGIES ONT DES INCONVENIENTS, et comme ce ne sont pas les mêmes pour chacune d’elles, la meilleure manière de les limiter est de les DIVERSIFIER. C’est ce qu’on appelle le « mix énergétique ». Cette politique est la bonne et la seule possible.

« L’avis de l’Académie des Sciences confirme :

« On peut de ce point de vue noter qu’en Allemagne la croissance de l’offre intermittente d’électricité d’origine renouvelable a nécessité l’ouverture de nouvelles capacités de production thermiques à charbon (13 GW) ainsi que le développement de l’exploitation du lignite conduisant à des émissions accrues de CO2 et surtout de polluants (oxydes d’azote et de soufre à l’origine des pluies acides…)» ( Académie des Sciences française – Avis sur la transition énergétique) » »

Suite à la catastrophe de Fukushima, l’Allemagne a décidé d’arrêter brutalement et immédiatement toutes ses centrales nucléaires. D’où le recours massif et transitoire au charbon. Intermittent ou non, les capacités de production de leur parc éolien étaient de toute façon insuffisantes pour palier l’arrêt des centrales nucléaires. Est-ce que c’est la politique menée en France ?

« L’opinion publique mieux informée sur la nature spéculative de l’éolien et sur les nuisances tant sur les paysages et l’économie touristique que sur la santé des habitants refuse cette invasion industrielle du cadre de vie. Alors les pro-éoliens élaborent des plans ce communication pour « favoriser l’acceptabilité » :

– le leurre du financement participatif repose sur cette constatation = les habitants acceptent plus facilement les inconvénients et les nuisances quand ils paient = la tactique est de leur promettre qu’ils tireront un profit en investissant pour une partie infime du capital investi et durant seulement 4 ou 5 ans.

– la promesse de « travaux annexes compensatoires » pour la commune complètent la portion congrue des retombées financières. Avec des pertes de revenus et de subventions pour la commune.

L’implantation d’aérogénérateurs de plus en plus gigantesques non seulement provoque la zizanie entre les habitants qui louent leurs terres et ceux qui subissent les nuisances visuelles, auditives, sanitaires …mais elle entraîne une perte de valeurs des biens reconnue par de nombreux tribunaux mais autre facteur négatif pour le tourisme comme vient de le démontrer l’étude de l’association AHTI de l’Indre qui a interrogé 1280 touristes= si des éoliennes étaient à 2 km de leur hébergement 97 % changeraient de destination et 95 % entre 2 à10 km et encore 72 % entre 10 km et l’horizon. Or les collectivités territoriales ont fait du tourisme une priorité et de nombreux gîtes, hôtels-restaurants en vivent.

Le danger est que l’implantation aboutie d’éoliennes soit suivie, comme partout, d’autres projets avec une augmentation de la taille des machines et des nuisances : les modèles récents dépassent 200 mètres en bout de pale.

L’annonce d’une présentation du projet en mairie le 29 janvier indique que la municipalité fait « cavalier seul » par rapport aux communes voisines qui subiront les nuisances et par rapport aux choix de la Communauté de Communes.

Pour informations complémentaires vous pouvez contacter   l’AEST 37

L’Association Environnementale du Sud Touraine 41 rue de la Varenne 37600 Beaulieu les Loches   02 47 59 56 63

Adresse mail aest37@orange.fr              le  17 janvier 2018 »

L’AEST37 ne veut pas que « les financiers allemands » profitent de l’éolien en France, mais ne veut pas non plus du financement participatif des citoyens. Mais alors qui peut financer à leurs yeux ? A oui, c’est vrai, ils sont contre toute éolienne. Les retombées financières pour une Commune seraient « portion congrue ». Mais au moins existent elles comme pour toute entreprise par le biais de la CFE et l’IFER, contribution financière spécifique aux éoliennes et hydroliennes (voir l’article « Une étude de moulins à vent »). La répartition entre collectivités est définie nationalement.

L’AEST37 peut-elle communiquer les références précises des jugements définitifs rendus par des tribunaux français liés à une diminution de la valeur des biens immobiliers situés à côté d’éoliennes? Comme ils seraient nombreux, l’AEST37 n’aura guère de difficultés à en mentionner.

Les éoliennes provoqueraient un trouble à l’ordre public, appelé « zizanie », seraient source de nuisances auditives qui restent à démontrer pour les éoliennes installées après 2011, de nuisances sanitaires que l’AEST37 n’étaye par aucune étude réalisée en France. Quant aux nuisances visuelles, c’est une affaire de goût : certains les trouvent très belles, d’autres hideuses.

L’étude d’opinion sur l’impact touristique dans l’Indre d’implantation d’éoliennes vaut ce qu’elle vaut. Pour être certain qu’un champ d’éoliennes repousse la manne touristique, il faudrait analyser l’évolution de fréquentation touristique réelle d’un territoire avant et après leur implantation. Puisque, comme tout le monde le sait, l’opinion est une chose fragile qui peut évoluer très vite.

Que l’AEST37 se rassure, pour ce qui concerne le projet de Bridoré, la hauteur bout de pale des éoliennes sera de 137 mètres et non de 200 mètres. Au moins auront-ils dans cette histoire un sujet de satisfaction. Ah zut, c’est vrai qu’ils sont contre toute éolienne, où qu’elles soient et quelles que soient les caractéristiques du projet.

Voici donc les passions de l’âme (**) de l’AEST37. Ils ne veulent d’aucune éolienne pour tous les arguments qu’ils ont avancés. Nous les réfutons tous, excepté l’impact visuel qui est l’inconvénient majeur d’une éolienne.

Pour autant, à ce jour, l’AEST37 na proposé aucune alternative. A moins de contester le dérèglement climatique, ils n’ont pas encore réussi en qualité de membre du conseil de développement de la CCLST à la convaincre d’implanter ne serait-ce qu’un seul panneau solaire photovoltaïque sur ses bâtiments. Ils sont pour le statu quo, en tout cas c’est ce qu’on comprend.

Pourtant, s’il y a bien une chose certaine, c’est que le shoot aux énergies carbonées, c’est terminé. Pas demain matin, mais à horizon de 20 ans. Comme pour tout drogué, le sevrage va être douloureux, et celui-ci est obligatoire. Il va bien falloir penser à la suite. Il faut être conscient que dans 20 ans, nos modes de production, de consommation d’énergie auront considérablement changé.

Pour ce qui nous concerne, nous soutenons la poursuite de l’étude d’implantation des éoliennes de Bridoré, comme de tous les projets qui se font jour actuellement en Sud Touraine. Nous pourrons réviser notre position en fonction du résultat des études faune flore habitat à venir, de l’impact visuel du projet, du détail des retombées économiques et financières pour notre territoire, du degré d’acceptation de la population locale, et des alternatives qui seraient proposées en lieu et place de ces éoliennes. Nous nous en tenons donc aux « règles (cartésiennes) pour la direction de l’esprit ».

(*) https://www.edf.fr/groupe-edf/producteur-industriel/energies-renouvelables/eolien

(**) « Les passions de l’âme » ouvrage de René Descartes publié en 1649

Les caractères en bleu sont des citations orales ou écrites

Voir article: pointez le titre, cliquez, et l’article s’ouvre

ISSN 2610-5942

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3 réflexions sur “LES PASSIONS DE L’ÂME

  1. J’ai lu avec attention cet article relatif aux énergies renouvelables. Je suis étonné que l’AEST 37 ne propose rien en ce qui concerne les ressources potentielles hydrauliques.
    Cette association soi-disant « conseil » (semble-t-il) de la CCLST me paraît ignorer l’existence d’un barrage sur la Creuse à Descartes.
    Ouvrage qui dans les années 80 a fait l’objet de réparations et de prise en compte par le Département d’Indre et Loire au titre de propriété. Le Département avait à cette époque fait réaliser des études qui permettaient d’envisager la remise aux normes avec du matériel performant et moderne d’une centrale hydro-électrique.
    Mais il est vrai que cette association (plus ou moins écolo) ne doit pas être favorable aux barrages même si ceux-ci permettent aux poissons migrateurs d’emprunter l’échelle à poissons rénovée il y a quelques années.
    Pour information en 1982 une négociation avait été engagée avec un promoteur qui avait entre autre accepté de participer à la création d’une salle permettant de visionner les passages des poissons et … avait même accepté de financer pour partie la création sur place d’un mini musée halieutique. Ce qui aurait été sur le plan touristique un plus pour la commune de Descartes.
    Hélas cela n’a pas été réalisé car pour des raisons de basse politique politicienne le promoteur (qui avait une grande expérience des petites chutes d’eau) a été écarté et personne n’a pris la relève.
    Tout ceci est bien regrettable. Mais si la Municipalité, la Communauté de Communes et le Conseil Départemental en manifestaient à nouveau la volonté je pense qu’il n’est pas trop tard.
    Pour mémoire dans les années de l’immédiat après-guerre le barrage permettait la production électrique nécessaire au fonctionnement de l’Usine des Papeteries et assurait pour partie l’approvisionnement électrique de la Commune de La Haye-Descartes.

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    1. La production d’électricité par des turbines micro hydraulique installées sur nos rivières est en effet à étudier de près, et pas seulement sur la Creuse. Par le biais de biefs qui permettent la circulation des espèces végétales et animales. Il existe une installation de ce type à Descartes sur l’Esves, d’initiative totalement privée, qui fonctionne aujourd’hui.
      Des collectivités d’Alsace ont lourdement investi dans ce domaine.
      A y regarder de près, notre territoire du Sud Touraine a un potentiel d’énergies renouvelables diversifié et important. Notre espace, notre ruralité devient d’un coup un énorme avantage.
      Le projet de territoire de Loches Sud Touraine qui reste à définir encore aujourd’hui pourrait fixer comme objectif que nous soyons énergétiquement autonome, c’est-à-dire produire autant d’énergie renouvelable que nous consommons d’énergie de toute type. C’est atteignable sans coûter très cher aux collectivités, avec de réelles retombées financières et d’activités.

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  2. Merci beaucoup de cette analyse fouillée, sur ce sujet des éoliennes dans la CCLST. Ce n’est pas un sujet simple mais ce ne sont pas les déclarations inexactes et excessives de l’AEST, qui permettent d’y voir plus clair !

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