QUOIQUE

Le conseil municipal de Descartes s’est réuni en séance plénière le 26 janvier 2018. Huit points étaient inscrits à l’ordre du jour. Nous allons maintenant vous rendre compte de chacun d’eux, sans n’en omettre aucun :

1- Installation d’un nouveau conseiller municipal :

Annick Jucquois siégeait comme conseillère municipale depuis le 03 février 2017. Elle avait démissionné à l’issue de la séance du conseil du 15 décembre 2017. Elle est remplacée par Patrick Imbert.

2- Rapport d’orientations budgétaires – Exercice 2018 :

C’était le gros morceau de cette séance. Le Maire lit consciencieusement les 9 pages du rapport d’orientations budgétaires que vous trouverez en fin d’article (*). Beaucoup de choses peuvent être dites à son propos. Ici, nous nous contenterons principalement aujourd’hui de restituer la teneur des échanges.

Une fois la lecture du rapport terminée, le Maire Jacques Barbier ouvre le débat :

« Vous avez la parole mes chers collègues. »

Joël Moreau, conseiller municipal de la minorité :

« Une seule observation. A chaque fois on demande de nous faire parvenir le document d’orientations budgétaires avant, pour qu’on puisse réagir. Là on vient de le découvrir. Donc on a décidé qu’on vous laissait entre vous faire le débat. »

Jacques Barbier :

« Très bien. On est désolé parce que les tableaux de chiffres on les a eu hier. »

Petite remarque quand même : en 2016 les conseillers municipaux ont découvert en séance le rapport d’orientation budgétaire, le Maire vantant l’intérêt du débat spontané (voir l’article « Débat spontané à Descartes »). Il en était de même les années précédentes et en 2017. Donc l’argument d’une arrivée tardive des documents est, à nos yeux, suspect : un choix délibéré non assumé.

Un profond silence s’installe avant que le Maire, faute de débatteur, s’aventure à débattre avec lui-même :

« Dans ce rapport ce que j’ai voulu souligner, vous en êtes conscients, c’est…….. »

Un long monologue de 4 minutes suit, avant que Bruno Mereau, conseiller municipal de la majorité, pose une question :

« Sur les dépenses de fonctionnement, vous faites apparaitre un moins 4.73%. Comment on quantifie l’impact de la prise de compétence intercommunale du centre aéré [ALSH], est ce que c’est quantifié dans ce chiffrage-là ou pas ? »

Le Maire :

« Oui c’est quantifié dans la baisse. »

Bruno Mereau :

« Il n’y a pas plus que ça ? »

Jacky Frénée, adjoint au Maire en charge des finances :

« A partir du moment où il y a une compétence qui est transférée, la prise de compétence [par la communauté de Communes] ne veut pas dire pour nous zéro dépense (voir l’article « Attributions de compensation »). Ce qu’on dépensait avant, ils nous demandent de le compenser à la communauté de Communes. »

Bruno Mereau :

« Il n’y a aucun intérêt à mutualiser les services alors ! »

Jacques Barbier :

« Si, c’est pas sur les mêmes lignes. Il faut savoir que nous avions une attribution de compensation communautaire qui était de l’ordre de 2.2 millions il y a quelques années. Evidemment, à chaque fois qu’il y a une compétence de prise [par l’ex CCTS ou la CCLST aujourd’hui], ce que ça coutait à la Commune est déduit de l’attribution de compensation. Cette année c’est figé à 1.8 millions. On a perdu 400 000 [euros] en quelques années. Tout transfert de compétence amène un transfert de charges en moins. Donc dans les -4.73%, il y a bien un impact de la communauté. »

Vérification faite, l’attribution de compensation dont bénéficiait la Commune de Descartes est passée de 2 019 981.48 euros en 2007 à 1 826 428 euros en 2017. Soit une entrée financière pour la Commune minorée de 193 553 euros et non de 400 000 euros comme l’indique Jacques Barbier.

Les dépenses de fonctionnement réelles de la Commune sont passées de 4 824 016 euros en 2007 à 4 730 000 euros en 2017. Soit des dépenses minorées de seulement 91 900 euros.

De 2007 à 2017, la Commune a un peu baissé ses dépenses de fonctionnement, alors que le transfert de compétences à la communauté de Communes aurait dû les faire baisser d’au moins 200 000 euros.

Il n’y a donc eu aucune économie en 10 ans des frais de fonctionnement de la Commune de Descartes.

Continuons. Bruno Mereau :

« Donc ça veut dire qu’il va falloir travailler sérieusement sur notre propre fonctionnement. Il serait temps de mettre un groupe de travail en place. La dérive continue à s’amplifier. Je l’ai signalé (voir l’article « En 2018 Descartes fera la manche »). Moi ce qui m’inquiète le plus dans ces tableaux, c’est le dernier celui qui donne vraiment la situation financière de la Commune, l’épargne brute (**).

Et j’ai bien peur au rythme où c’est parti que ça ne va pas durer longtemps. Donc il va bien falloir à un moment qu’il y ait une réflexion globale. Je ne dis pas que j’ai la science infuse, mais il faut balancer au milieu de la table un peu toutes les idées : est-ce qu’on a encore les moyens d’entretenir 2 écoles primaires ? Je pose la question. Je ne dis pas que j’ai raison. Je regrette qu’en d’autres temps, mais je le reconnais parce que j’étais autour de la table, il y a un élu qui est encore autour de la table qui l’avait évoqué. Quand on a récupéré le lycée professionnel [La Chartrie], de centraliser toutes les écoles dans ce lieu-là. On ne l’a pas fait, c’est une erreur. Je le reconnais aujourd’hui. Ça coûte de plus en plus cher. Il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis. Des réflexions aussi sur l’école de musique : je ne suis pas contre l’enseignement musical, je dis simplement qu’on a peut-être trop d’options. Ça a un coût.

Il y a un moment où les élus responsables se doivent de dire largement on est dans le faux. Je ne dis pas que j’ai raison mais je dis que la question doit se poser. C’est grave. »

Jacques Barbier :

« C’est bien la conclusion que je tire : à un moment donné il va falloir prendre effectivement les décisions. Aujourd’hui rassembler les deux écoles en une seule, il faut reconstruire des classes. »

Bruno Mereau :

« Non. Je vous dis non. C’est votre idée à vous, mais je vous dis qu’aujourd’hui non. »

Jacques Barbier :

« Actuellement les effectifs de la Côte des Granges ne peuvent pas dans les locaux actuels prendre les effectifs de l’école de Balesmes. Vous ne pouvez pas mettre 40 enfants par classe. La géographie de notre Commune aussi qui est née en 1967 de la fusion de La Haye Descartes et de Balesmes et qu’entre le quartier de Balesmes et la porte est et la porte ouest, il y a 3 kilomètres et demi. A un moment donné aussi il faut vivre avec la géographie et la topographie de notre Commune. Il n’est peut-être pas intéressant de regrouper pour des raisons de logistique pour certaines familles. Mettre un service de car qui ramasserait les enfants : c’est des coûts supplémentaires. Aujourd’hui nous avons potentiellement 2 écoles, voilà, et afin d’équilibrer les pôles scolaires peut-être il serait urgent, c’est sans doute une réflexion que je vais entamer en 2018 de mettre une carte scolaire, de façon à équilibrer, parce qu’on a une surpopulation à la Côte des Granges et une baisse de la population des enfants à l’école de Balesmes (voir l’article « Baby krach à Decartes »)Il y a 2 écoles aujourd’hui à Descartes, il s’agit aujourd’hui de les répartir par la carte scolaire. »

Bruno Mereau :

« Ça c’est votre décision monsieur le Maire ».

Jacques Barbier :

« C’est une décision que je suis en train de réfléchir ». 

Bruno Mereau :

« Que vous aurez à soumettre au conseil municipal ». 

Jacques Barbier :

« Tout à fait. Comme toute décision. Je ne prends jamais une décision seul. J’ai quand même un peu d’expérience, hein, et on sait ce qu’il faut faire passer au conseil municipal. Ce n’est pas après 25 ans de conseil municipal que je vais recevoir des leçons de gestion ».

Bruno Mereau :

« Quoique. Quoique. »

Jacques Barbier :

« Voilà. Vous attendrez encore un petit peu et comme ça vous pourrez donner des leçons à qui vous voudrez ».

Bruno Mereau attendra sans doute, mais est-ce que notre Commune peut encore attendre deux ans la fin de ce mandat calamiteux, alors qu’elle est celle qui a le plus fort potentiel du Sud Touraine ? (voir l’article « Les sanglots longs »).

Bruno Mereau s’inquiète de la dérive des finances de la Commune qui l’amène à ne plus avoir les moyens d’investir : nous aussi.

Il suggère qu’une réflexion globale devrait être menée : nous aussi.

Jacques Barbier convient qu’« à un moment donné il va falloir prendre effectivement les décisions » : qu’attend-il pour les prendre ? La fin de son mandat ?

Sur la question des écoles de premier cycle, voilà sa réaction à la suggestion de Bruno Mereau d’étude approfondie : rétablir la carte scolaire, histoire qu’il y ait encore quelques élèves scolarisés à Balesmes. « C’est une décision que je suis en train de réfléchir » dit-il, donc ce n’est pas une décision mais une réflexion. Combien ce rétablissement de la carte scolaire fera économiser à la Commune ? L’a-t-il quantifié ? Quel groupe d’élus travaille sur cette question ?

Voilà la politique municipale actuelle : surtout ne toucher à rien, ne rien changer, laisser le paquebot inexorablement s’enfoncer, aucun projet communal, aucune réflexion sérieuse et structurée, aucune décision qui prépare l’avenir de la Commune.

Tout comme Bruno Mereau, nous pensons aussi que quelques leçons de gestion municipale n’auraient pas été superfétatoires, surtout quand on regarde la situation préoccupante de la Commune après 17 ans de sa gestion. Plutôt que d’engloutir des fonds municipaux en frais de bouche (voir les articles « Les copains d’abord », « Le nom de la rose » et « Grandgousier ») ou autres virées autoroutières privées à qui mieux mieux (voir l’article « faute de grives »), il eut été préférable en effet que ces sommes soient utilisées à se former.

3- Réforme des rythmes scolaires- Proposition d’organisation du temps scolaire à la rentrée de septembre 2018 :

Nous avons traité ce sujet dans un précédent article (voir l’article « Coup de force sur les rythmes scolaires ») .

4- Avenant à la convention avec le conseil départemental d’Indre et Loire relative à l’entretien des routes départementales 31, 31D, 100, 101, 102 et 750 :

Lors des débats, tout le monde était perdu, et la réécoute des enregistrements n’a pas permis de comprendre ce qui était modifié par rapport à l’existant.

Cependant, il semblerait que l’entretien des parties centrales des ronds-points du Cheval Blanc, de Follet et Gustave Eiffel seront tous dorénavant à la charge de la Commune, bien que situés sur une route départementale, et le conseil Départemental aura à sa charge l’entretien des haies et des 99 arbres plantés le long de l’avenue Andreï Sakharov, soit jusqu’au rond-point de l’Europe.

Conjointement, les conseillers municipaux Joël Moreau pour la minorité et Bruno Mereau pour la majorité ont contredit le Maire quand il disait que les haies situées entre le rond-point de l’Europe et le pont qui enjambe la Creuse étaient à la charge de la Commune et ont affirmé qu’il y avait 99 arbres si on incluait ceux plantés jusqu’au pont qui enjambe la Creuse. Pour départager les consors Moreau Mereau et le Maire, nous sommes preneur du commentaire d’un randonneur qui les compterait.

Même des dossiers simples deviennent d’un compliqué à Descartes……

5- Convention de partenariat pour le développement de la lecture publique entre la commune et le département d’Indre et Loire :

Béatrice Marchet, adjointe en charge de la culture à propos de cette convention : «ça date depuis 2010, c’est quelque chose que l’on fait tous les ans. Là il faut resigner  une nouvelle convention. »

Ce point de l’ordre du jour a été traité en 1 minute pile. Pourtant, il y aurait des choses à dire. Soyez patients, ce sera pour ce printemps.

6- Cinéma – Tarifs « Printemps du cinéma 2018 » :

Comme tous les ans, approbation du tarif national unique du ticket de cinéma à 4 euros pour l’opération appelée « Le printemps du cinéma » qui aura lieu du dimanche 18 mars au mardi 20 mars 2018.

7- Temps d’accueil périscolaire – Signature d’une convention avec l’association Mundo Latino :

Signature d’une convention avec l’association « Mundo Latino » pour intervenir dans les écoles publiques. Commentaire du Maire :

« On est d’accord pour apprendre à nos petits enfants de danser la lambada ».

tout comme le conseil municipal est d’accord pour payer des déplacements privés du Maire réalisés avec des moyens communaux (voir l’article « faute de grives »). Tant les enfants que le Maire y trouvent de l’épanouissement. Entre les deux, mieux vaut celui des écoliers, il coûte beaucoup moins cher à la Commune.

8- Modification du tableau des effectifs :

Un poste d’agent technique de 2eme classe, à raison de 32 heures par semaine est créé. Il sera affecté aux services scolaires.

« Là, c’est le remplacement d’une personne qui est partie à la retraite. »

Christian Flouneau, conseiller municipal de la minorité, demande s’il a déjà été recruté. Réponse du Maire : cette personne était déjà contractuelle au sein de la collectivité, contrat renouvelé autant qu’il était possible légalement.

Informations complémentaires :

Bernard Bridier, adjoint au Maire, informe que le Gazpar, nouveau compteur gaz dit « intelligent », cousin du Linky, commence à être installé à Descartes. Environ 800 compteurs sont concernés.

Questions diverses :

Joël Moreau se fait le relais de la question des permanences médicales de la maison de santé pluridisciplinaire qui n’existent pas aujourd’hui. Il demande au Maire ce qu’il compte faire à ce propos. Réponse :

« Dans l’organisation nous pouvons seulement appuyer une demande d’une présence, mais nous on ne peut pas imposer ce genre de chose dans le secteur privé médical. C’est du privé. L’organisation de cette maison médicale ne nous appartient pas. On peut regretter maintenant que dans leur organisation il n’y ait pas une permanence. »

Vincent Gilot, conseiller municipal de la majorité :

«  Quand vous appelez, je ne trouve pas normal non plus de tomber sur un répondeur. »

Le Maire rappelle que Descartes est proche de Châtellerault, ce qui évite d’aller à Tours : « On a Sainte Maure, on a Châtellerault, on a Loches ».

Voilà. Comme Gérard Hénault, je souhaite que les Descartoises et Descartois « gardent la foi en notre avenir » (voir l’article « Les plus forts et les plus beaux »). Faute de mieux.

(*) 

(**) Epargne brute : surplus annuel de fonctionnement (recettes réelles de fonctionnement – dépenses réelles de fonctionnement) qui permet de faire face au remboursement de la dette, capital et intérêts, et de financer les investissements (voir l’article « La Commune en maillot de bains »). L’épargne brute mesure la santé financière d’une Commune et sa capacité à financer ses investissements par elle-même sans recourir aux emprunts ou aux subventions.

Les caractères en bleu sont des citations orales ou écrites

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ISSN 2610-5942

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