CE QUE PERMET « LA GRANDE COMMUNAUTÉ DE COMMUNES »

Les Municipalités qui distribuent leur journal municipal en décembre ou janvier ont pu y insérer la présentation que fait le président Gérard Hénault de « la grande communauté de Communes » alias « Loches Sud Touraine ».

Voici ce texte inséré dans le journal municipal de Tauxigny et Ligueil :

Les présentations sont différentes, mais le texte rigoureusement le même.

Comme les habitants de Descartes n’ont pas eu l’avantage d’en avoir connaissance, pas même sur le site internet de la Commune, voilà qui est fait, en tout cas pour ceux qui nous lisent. Ce qu’il ne faut pas faire tout de même pour combler les lacunes de communication de notre municipalité (voir l’article « Le jaune et le noir ») !

A la première lecture de ce texte, je me suis demandé ce qui existait avant la création de « la grande communauté de Communes » Loches Sud Touraine (CCLST) tellement elle semble être LA solution à tous les maux de notre territoire. C’est bien comme cela que la fusion des communautés de Communes (comcom) nous a été présentée dès septembre 2015 (voir l’article « Les français parlent aux français »). En fin de lecture je me suis dit : comme Gérard Hénault a raison ! C’est un souffle régénérateur qui donne envie de vivre l’avenir, beau comme l’antique. Puis j’ai repris mes esprits et j’ai détaillé cette prose.

Au tout début il écrit :

« Les communautés de Communes assurent pour les habitants et les entreprises des services, des équipements, des aménagements que les Communes ne peuvent créer et développer seules. »

On ne sait pas si c’est financièrement qu’elles sont empêchées ou pour d’autres raisons. Pour ce qui concerne les déchets ménagers, l’accueil des gens du voyage et les zones d’activités économiques, c’est une obligation légale qu’elles soient communautarisées. C’était déjà le cas du temps des 4 ex communautés de Communes. Ce n’est donc pas financier mais du fait de l’application de la loi. Et pas nouveau.

Pour la distribution de l’eau potable et la gestion des réseaux d’assainissement, une prise de compétence au niveau de la comcom sera bientôt obligatoire de par la loi, à moins que cette dernière n’évolue d’ici là. Aujourd’hui encore, quelques Communes de la CCLST gèrent toutes seules leur eau potable, même si 3 des anciennes comcom l’avaient déjà communautarisée. Ce n’est pas la taille qui a rendu cela possible mais la volonté des élus, à l’exception de l’ancienne communauté de Communes de Touraine du Sud (ex CCTS) que présidait Gérard Hénault (voir l’article « L’eau au rapport »).

Les équipements sportifs et de loisirs, il n’y a encore que quelques équipements qui sont communautarisés (voir l’article « copié collé ») et pas un de l’ex CCTS. Toutes les Communes ne sont pas traitées sur un pied d’égalité, loin s’en faut.

Bref, ce premier paragraphe reste pour le moins une vue de l’esprit, un but à atteindre, mais en rien une réalité factuelle d’aujourd’hui. Il faut dire qu’en un an d’existence, excepté les taux d’imposition, pas grand-chose n’a encore été homogénéisé au sein de la CCLST. Pour reprendre les propos de l’ineffable Jacques Barbier : « On a pataugé en première année parce qu’on se retrouvait à 68 Communes » (voir l’article « La mouche qui pique »). Qu’il se rassure, ça s’est vu.

Gérard Hénault poursuit :

« Notre coopération entre 68 Communes permet de renforcer et de développer tous ces services qui sont l’expression d’une ruralité dynamique ». Mais c’était déjà le cas avant la création de la CCLST, à travers le Pays de la Touraine Côté Sud.

« Nous avons su nous adapter et réagir très rapidement à l’évolution des rythmes scolaires » poursuit Gérard Hénault. Oui c’est vrai, les Communes pouvaient opter pour la semaine de 4 jours en lieu et place de 4.5 jours. Mais cette « évolution des rythmes scolaires » était une possibilité offerte par le nouveau gouvernement aux Communes et en rien une obligation. Si la CCLST a dû réagir très rapidement, c’est parce que nombre de Maires se sont précipités sur l’occasion offerte (voir l’article « 95% de précipitation »), et un grand nombre a obtenu gain de cause. Mais ils n’ont pas pris en compte les difficultés que cela allait entrainer directement au niveau de la CCLST qui devait s’organiser pour accueillir les enfants le mercredi. Pourtant nos 68 Maires sont supposés avoir une vision territoriale transversale puisqu’ils sont à la fois conseillers communautaires et Maires (à l’exception de 2 d’entre eux).

« Nous avons agrandi la Maison médicale de Descartes » précise Gérard Hénault. Oui c’est vrai, mais cet agrandissement avait été décidé et budgété en 2016 par l’ex CCTS et n’est en rien une décision de la CCLST (voir l’article « Parlons services de santé » ). Est-ce que cet agrandissement permet un « meilleur accès aux soins » ? Pas vraiment puisque les praticiens qui l’ont intégré exerçaient déjà dans la Commune. Pour autant, cet agrandissement est le bienvenu puisque la médecine libérale ne conçoit plus que d’exercer au sein de tels établissements.

Les Maisons de services au Public existaient déjà au sein des anciennes communautés de Communes et ne sont que la conséquence du retrait progressif des services de l’Etat des zones à faible densité démographique. Celle créée à Loches est bien une initiative de la CCLST. La seule.

Abordons vaillamment le 3eme paragraphe :

« Ce que permet la grande Communauté de Communes » : …/… permettre aux 52 500 habitants de ce territoire un même accès à des services…… » écrit-il. En matière de déchets ménagers ce n’est pas le cas, tant au niveau du service que du prix : les habitants des Communes de l’ex comcom de Loches Développement (ex CCLD) ont un service en porte à porte « enlèvement des encombrants », ce qui n’est pas le cas pour les habitants de l’ex CCTS ou l’ex CCGL. Le calcul du prix à payer pour les déchets ménagers est différent si l’on habite en ex CCTS (redevance) ou ailleurs (taxe), etc etc. Mais Gérard Hénault précise que « cela prendra du temps, certes ». Il est vrai que sur ce sujet, la CCLST a préféré normer en premier le nombre de passage en déchetterie (voir l’article « La mouche qui pique ») et cesser la distribution gratuite des sacs noirs (voir l’article « Le jaune et le noir » ).

« Nous visons une plus grande cohérence territoriale pour un développement harmonieux de toutes les communes de notre Sud Touraine » lisons-nous. Si l’on s’en tient au projet de cohérence territoriale présenté en séance plénière (voir l’article « Un Scot vite fait ») il s’agit d’ « affirmer le pôle principal de l’agglomération de Loches et le pôle secondaire de l’agglomération de Descartes. Garantir un équilibre entre ces deux pôles et le reste du territoire en renforçant le maillage des bourgs. » Bref, si les mots ont un sens, une harmonie à trois vitesses. Harmonieux n’est pas synonyme d’équivalent, donc tout est en ordre.

4e paragraphe : « bien entendu nous poursuivons une politique d’accueil et d’accompagnement des entrepreneurs qui constitue la marque de fabrique de notre territoire depuis plusieurs décennies ». Pour apprécier à quel point la CCLST est disposée à accueillir, vous pouvez relire notre article « Loches Sud Touraine fait la banque ». Quant à la « marque de fabrique », la CCLST n’est pas la seule (voir l’article « 186 grammes de réussite »).

Ce serait grâce à «la grande Communauté de Communes » que l’agrandissement de 3.7 ha de la zone d’activité d’Yzeures sur Creuse aurait été réalisé. Et bien non, c’était un projet de l’ex CCTS qui a été achevé après la fusion des comcom. L’extension de 15 ha du Node Park est bien une décision de la CCLST (voir l’article « Délibérations Bureau CCLST du 08 février 2017 ») qui vient s’ajouter à l’aménagement en 2016-2017 de la zone d’activité « La Grande Rochette » de 12 ha à Reignac sur Indre (voir l’article « Constructif »). Tauxigny et Reignac sont deux Communes de l’extrême nord de notre territoire tandis qu’Yzeures l’extrême sud. Donc écrire « un déploiement de même ampleur de nos forces du Nord au Sud du territoire » est un peu rapide, voire erroné.

5eme paragraphe : « L’attractivité, c’est bien cela notre leitmotiv à nous les élus : l’essentiel de nos projets et de nos actions est destiné à attirer des entrepreneurs, des professionnels de santé, de nouveaux habitants, des touristes. »

Pour les nouveaux habitants, il suffit de lire notre article « Vertige démographique» pour voir dans quelle situation se trouve la seconde Commune de notre territoire. Pour les professionnels de santé relisez notre article « Parlons service de santé ». Pour les touristes nous allons attendre d’avoir communication du montant collecté au titre de la Taxe de séjour en 2017 pour nous prononcer. De toute façon, ce n’est pas le tourisme qui sera facteur de croissance de l’ensemble de notre territoire (voir les articles « Plan climat : les éoliennes en question » et « Cap touristique »).

Que l’intention de nos élus soit celle-là tant mieux, mais en 2017 ils ont surtout cherché à faire fonctionner le grand machin qu’est la CCLST, fruit de leur volonté de fusionner à quatre, alors que rien ne les y obligeait. Pas grand-chose d’autre ne ressort des décisions prises, tant en séance plénière qu’en Bureau.

Gérard Hénault finit en déclarant « Nous devons être ambitieux, innovants et stratèges pour exploiter au mieux le formidable potentiel du Sud Touraine ». En effet, c’est bien ce qu’il faudrait être, et nous attendons de voir. Cela passe par la définition d’ « un projet de territoire » dont il dit que « nous nous employons à [le] bâtir », sous-entendus nous les élus. Aurait-il déjà oublié qu’il y a obligation à consulter, concerter la population, les associations et les corps intermédiaires (voir l’article « Un Scot vite fait »), et que la CCLST peut le faire vraiment, comme la Région commence à en faire la preuve (voir l’article « Paroles d’un nouveau monde »).

Pour l’instant, « La grande communauté de Communes » ne permet pas plus que ce que permettaient les 4 anciennes communautés de Communes. Mais s’il en est convaincu, on le laisse y croire. Peut-être d’agréables surprises surgiront en 2018, autres que l’explosion de la masse salariale de la CCLST (voir l’article « Rien que du cambouis »).

C’est pour cela que nous leur souhaitons une très belle année, à chacun d’eux, même au 5eme vice-président (voir l’article « La mariée devient reine des neiges »). C’est dire si nous sommes magnanimes.

Les caractères en bleu sont des citations orales ou écrites

Voir article: pointez le titre, cliquez, et l’article s’ouvre

ISSN 2610-5942

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2 réflexions sur “CE QUE PERMET « LA GRANDE COMMUNAUTÉ DE COMMUNES »

  1. Il est vrai que vu de l’ex CCTS, on peut percevoir actuellement la CCLST davantage comme un nouvel outil de restriction (ex. accès aux déchèteries) et, en même temps, un nouveau moyen d’uniformisation des taxes et redevances vers le haut. Et que dire de ses nouveaux media (web ou papier) où l’uniformisation de l’information a encore des progrès à faire (ex. comprendre d’après le web qu’il est possible moyennant 10€ pour une carte supplémentaire d’accéder aux déchèteries au delà du 21ème passage alors que sur les formulaires papier cette possibilité n’existe que pour les professionnels).

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