PAROLES D’UN NOUVEAU MONDE

Le conseil Régional Centre Val de Loire avait convié le 04 décembre 2017 à Blois l’ensemble des élus de la Région, des institutionnels et autres intervenants extérieurs, et les participants à un titre ou à un autre à la démarche « Démocratie Permanente » pour rendre compte des premiers résultats et engagements de cette année d’expérimentation (voir l’article « Un nouveau monde »).

Nous allons porter à votre connaissance des prises de parole entendues au cours de cette journée. Ce sont forcément des extraits, puisque cette restitution a duré toute la journée :

Charles Fournier (*) introduit la restitution :

« Ça commence mal puisqu’on fait comme d’habitude c’est un élu qui vient parler au début. Mais on a évité de le faire pendant toute la tournée. Là j’avais quelques petits mots que je voulais partager avec vous, tous et toutes. Le but est de partager toute la matière extrêmement riche que nous avons recueillie au travers de toutes les concertations que nous avons lancées.

Dès le départ nous nous sommes dit que la question de la démocratie est une question essentielle face aux défis en face desquels nous sommes. Il nous faut imaginer un monde différent et ce monde ne peut pas s’imaginer sans les gens. Il ne peut pas s’imaginer sans une démocratie enrichie. Comment on enrichit la démocratie dans notre Région ? Comment la Région peut être à l’origine d’une démarche qui invite à imaginer des processus démocratiques un peu différents ? C’était ça l’ambition, mais il y en avait une deuxième qui pour nous est tout aussi importante qui était de dire comment on sort des TLM, Toujours Les Mêmes, comment on dépasse le cercle de ceux qui d’ordinaire participent quand on fait de la participation. Je ne peux pas vous dire qu’aujourd’hui on y a répondu mais nous avons sans doute ouvert des hypothèses pour être capables d’y répondre ensemble. Répondre à cette question compliquée qui est qui aujourd’hui participe à la décision. La démocratie ce n’est pas que le temps de l’élection, ce n’est pas que le temps du processus de décision, c’est aussi la question du pouvoir d’agir. Une démocratie enrichie, et on l’a appelée « Permanente » pour ça, c’est une démocratie qui vit partout et tout le temps. Tout le temps cela veut dire qu’entre deux échéances comment on enrichit la participation, et partout ça veut dire comment on a une vie démocratique qui n’exclut personne, qui n’exclut pas des territoires, qui n’exclut pas des citoyens.

Le souffle démocratique il reviendra de cette capacité à travailler aussi sur les sujets d’égalité, à faire en sorte d’élargir le cercle de ceux qui participent et de proposer des cadres permanents d’implication pour nos concitoyens. »

« Je voulais remercier les nombreux animateurs bénévoles, puisqu’on avait lancé un appel pour que des citoyens participent à toute cette démarche, et qui nous ont dit « nous on ne veut pas juste animer mais continuer à travailler avec vous, on veut dépouiller toute la matière », on veut d’ailleurs de la transparence à travers cela. Et aujourd’hui ils disent « on pourrait aller plus loin, être une forme de réseau, d’acteurs de la démocratie en Région ». Ça c’est des effets non prévus à l’origine mais qui sont extrêmement intéressants. »

«A l’intérieur même du Conseil régional c’est aussi une idée qui fait son chemin, dans les pratiques de l’administration, les pratiques des collègues du conseil régional, on est en train d’imaginer comment on pourrait faire différemment, comment on peut enrichir la manière de travailler ensemble. Il y a un cercle de la démocratie permanente à l’intérieur du conseil régional, il y a une direction qui va se mettre en place qui va porter un peu ces questions. »

« La journée d’aujourd’hui a pour première vocation de restituer. Le premier élément d’un contrat de participation pour nous qui est essentiel : quand on va chercher de la parole, alors on la restitue. Il doit y avoir une clarté, une éthique de la parole. Trop de démarches vont chercher la parole et cette parole se transforme et on ne revient pas devant les citoyens. »

« Aujourd’hui ce n’est qu’une journée, une étape vers une démocratie permanente. »

Judith Ferrando (*) :

« Plus que jamais, on est convaincu que les défis que l’on a à affronter, les défis écologiques, les défis sociaux, économiques, on ne pourra les régler que si on arrive à faire dialoguer de manière fructueuse toutes les expertises, les expertises techniques, et surtout les expertises du citoyen.

C’est très audacieux de se dire la démocratie permanente ça ne se décrète pas, ça va s’inventer, et on ne sait pas très bien sur quoi ça va déboucher. On va se donner les moyens que ça se parle, que ça discute, que ça se confronte parfois. »

Florence Boisseau (*) :

« La vigilance que nous avons eu dans la composition des panels était d’avoir des groupes qui représentaient l’ensemble des territoires de la Région, et que l’on ait à la fois des élus, des acteurs professionnels, associatifs, des citoyens qui ont fait acte de candidature, et qui ensuite ont été tirés au sort.

Il y a un panel par département et là on a esquissé des propositions détaillées. En septembre tous les panels se sont mis d’accord sur ce qu’allaient remettre les panelistes à la Région, recentré sur les besoins fondamentaux nécessaires pour bâtir une démocratie permanente.

Maintenant je propose à chaque paneliste de se présenter et un mot de retour sur cette démarche. »

De la séquence d’une heure et demie, laissant la parole aux panélistes et aux acteurs des Fabriks (voir image 4 de l’article « Un nouveau monde ») nous n’avons retenu que quelques interventions que voici :

Un citoyen membre du panel Loiret :

« Je suis conseiller municipal et je me suis dit qu’il y avait quelque chose qui ne fonctionnait pas puisqu’en tant qu’élu on me disait qu’à partir du moment où on était élu on faisait un petit peu ce qu’on voulait et que les citoyens n’avaient plus le droit de parler. Donc j’ai pris une bonne leçon de démocratie depuis 1 an et c’est vraiment très enrichissant. »

Une citoyenne membre du panel du Loiret :

« J’ai également été élue, et lors de mes mandats j’ai senti une grande frustration par rapport au manque d’ouverture vis-à-vis des citoyens. Cette proposition de la Région m’a ravie. »

Un citoyen membre du panel du Cher :

« Je souffre de carence démocratique. Donc je remercie la Région de m’offrir la possibilité de peut-être trouver des remèdes. C’est une démarche qui m’intéresse non seulement pour nous-mêmes mais aussi pour nos enfants. C’est un grand chantier. »

Une citoyenne membre du panel du Loiret :

« Ça m’a apporté énormément de choses. J’avais à peine 26 ans quand j’ai commencé l’aventure. Quand on est jeune on se pose beaucoup de questions par rapport à sa citoyenneté, de comment on vit par rapport aux institutions en général. Cette démarche m’a apporté beaucoup de réponses. »

Un citoyen membre du panel d’Indre et Loire :

« Ça a été l’occasion de parler d’une thématique qui était l’engagement des jeunes. A l’université de Tours on a remarqué une chose c’est que la démocratie représentative elle est en crise. On a 9% de participation aux élections étudiantes. On souhaite mettre à l’université un certain nombre d’actions pour mettre en place quelques démarches de démocratie participative. »

Un citoyen membre du panel d’Indre et Loire:

« Je suis petit chef d’entreprise d’Indre et Loire, artisan. Je suis arrivé dans cette initiative par curiosité et j’y suis resté par intérêt. La démocratie permanente je dis toujours que c’est au citoyen de se l’approprier et je n’aurai pas été crédible avec moi-même si je n’avais pas été là. »

Un conseiller régional qui a participé à la tournée dans les 23 bassins de vie fait part de son expérience :

« J’ai cru au départ que j’avais un problème de boite mail. J’avais reçu une information : il fallait que je sois à 9 heures au café à Montoire sur le Loir pour parler de la formation en milieu rural. Et habituellement, quand on est conseiller régional, on reçoit une note de 5 à 40 pages qui épuise le sujet et permet d’épuiser les participants. Et on reçoit un déroulé qui dit si on parle avant ou après le Préfet, avant ou après le Maire, dans quel ordre, avant ou après le Président de l’association, et puis si on a le temps, on peut aller voir les journalistes et si on a vraiment le temps on peut discuter avec les gens présents. Bref ma vie quotidienne de conseiller régional quand on est sur le terrain c’est de ne pas discuter avec les gens. Mais réellement ! On leur demande comment ça va, on sert la main, il faut en serrer le plus possible. Et là problème, pas de note sur mon mail, pas de déroulé si ce n’est 9 heures Montoire. Je demande à Armel [Le Coz] (*) ce que je dois faire. Réponse : « le moins possible ». J’ai suivi la consigne et c’est renversant. Du coup je me suis autorisé à écouter, et sans qu’on soit une tribu d’experts, une tribu d’élus. On était une quinzaine, on aurait pu tenir la journée. Sur la question de se former en milieu rural on a ouvert sur qu’est-ce qu’habiter, la fracture numérique, et pas que dans le diagnostic triste des problèmes mais dans l’invention de solutions. Je crois que la première vertu c’est ça.

Ça fait bien longtemps que je suis engagé politiquement, je suis élu depuis 2 ans maintenant et ça fait bien longtemps que j’ai le sentiment de moins changer la vie en faisant de la politique ou en étant élu que dans mon activité professionnelle. Pour renverser le paradigme de Sartre, je crois que l’enfer ce n’est pas les autres, c’est la solution. »

Deux grands témoins, capés s’il en est, ont fait des interventions remarquées. Tout d’abord celle de Séverine Bellina (*) :

« Ce que je trouve fort c’est cette réunion citoyens-élus-administrateurs, l’idée de libération de la parole, on l’avait un peu oublié, et l’ouverture de l’écoute. Ce que j’ai entendu de vous c’est que la démocratie ce n’est pas une donnée, ça se travaille au quotidien, c’est une pédagogie. Et je trouve qu’on est entré dans une pédagogie intéressante avec cette initiative, une pédagogie par l’initiation.

L’échelle de ce territoire [la Région] peut permettre un effet de levier en termes de changement systémique. A la fois par le raccrochage par le bas, ce qui se passe au niveau des autres échelons, je pense notamment aux Communes, et puis par le haut, le national sans oublier l’Europe.

Ce sont des vecteurs de changement remarquables.

Ce qui m’intéresse aussi c’est de voir, en travaillant ensemble, comment effectivement on a changé les manières de faire, pour être dans une autre pratique, un autre rapport au pouvoir.

On se rappelle ici qu’on est citoyen, mais ça demande de l’investissement, ça demande du temps, parfois des sacrifices. On le reste quand ça a du sens. »

Loïc Blondiaux (*) :

« Cet exercice auquel vous avez participé depuis le mois de janvier va un peu à contre-courant. Investir dans les méthodes démocratiques ça va à l’encontre de mouvements extrêmement puissants qui au contraire nous incitent à nous regarder avec défiance et produisent la guerre de tous contre tous et le renforcement des attitudes autoritaires. Les postures démocratiques, puisque la démocratie ce n’est pas que des institutions mais aussi une manière d’être, des formes de vie citoyenne, ça se cultive.

Le dispositif que vous avez mis en place est expérimental au sens noble du terme et a multiplié les outils susceptibles de stimuler cette énergie citoyenne. On n’a pas si souvent sur un territoire l’occasion de multiplier toutes ces méthodologies.

Ici on participe à un évènement, quelque chose qui pourrait s’apparenter à de la communication. Moi j’y vois autre chose. Des moments de ce type sont aussi des moments de restitution de la part des participants, de la part de ceux qui ont organisé ça et ce qu’ils en ont tiré. C’est impératif qu’il y ait un retour vers les citoyens des organisateurs qui vont dire voilà ce qu’on va faire ou ne pas faire de ce que vous avez dit. Ça me parait fondamental.

Dans votre démarche, il y a un point auquel je suis sensible c’est qu’on a embarqué les intermédiaires et on leur a donné une place. Il y a une tentation dans la démocratie participative qui tient à la désintermédiation, c’est-à-dire les intermédiaires ont failli et c’est vrai que beaucoup d’entre eux ont failli, ils ont trahi les citoyens, et on se met dans une position où soit on les court-circuite totalement soit on les affronte. Or ici on a décidé de les embarquer. Or il me semble que le système ne changera pas si on n’embarque pas au moins une partie de ceux qu’ils incarnent.

Il faut une stratégie multiforme vers les citoyens qui porte leur demandes, leurs initiatives mais aussi prend en compte qu’il y a aussi des intermédiaires.

Ce que j’aime dans le dispositif c’est que vous soyez allé vers, que finalement vous n’ayez pas attendu que les citoyens viennent chez vous. Souvent on dit venez à l’Hôtel de Ville on va faire des super réunions et si les citoyens ne viennent pas on les culpabilise en leur disant « vous ne faites aucun effort, décidément vous n’êtes bons qu’à regarder la télé et vous méritez ce qui vous arrive ». Or là le fait d’aller vers les citoyens à travers ces dispositifs de tournée, de fabrik, et prendre en compte les difficultés de disponibilité de ces citoyens me semble être absolument fondamental. Imposer les rythmes propres à l’institution au lieu de respecter leurs rythmes est quelque chose qui change complètement la donne.

Une chose est sûre : on ne change pas une culture politique en 1 an. Mais au moins on a donné envie à ceux qui avaient envie de s’investir de le faire et le pari qui est fait de traduire ça en institution, de mettre en administration cette inspiration c’est pour moi le pari capital maintenant. La balle est dans le camp de l’institution régionale, élus dans son ensemble, administration dans son ensemble, parce que je n’ai jamais vu de collectivité bouger sans qu’à leur tête il y ait volonté. Aujourd’hui, tout commence. »

François Bonneau (*) :

« De mon point de vue le travail qui est à l’œuvre est considérable. C’est autour de ses finalités que notre réflexion doit s’organiser. Il ne faut pas croire qu’en matière de démocratie il y a un point qui soit un point abouti, où les choses se stabilisent. Qu’il s’agit d’un état. Il ne s’agit pas d’un état. Bien évidemment il y a un certain nombre de règles fondamentales par lesquelles il faut passer, qu’il faut faire vivre pour. C’est le mouvement et il est permanent. La démocratie c’est le mouvement permanent. La démocratie est au cœur d’un processus qui est essentiel à la vie collective. Il ne s’agit pas pour nous de trouver un nouveau point d’équilibre sur lequel nous pourrions installer un pouvoir. Il y a un terme qui me fait horreur c’est la notion de gouvernance. L’art de gouverner tel que c’est employé aujourd’hui c’est comment faire passer des choses, comment faire accepter des choses qui sont décidées par ailleurs. Moi je fais fortement le lien entre la notion de démocratie et les grands problèmes de ce monde. S’ils sont conscients ces problèmes, s’ils sont partagés, s’ils sont dits, de manière suffisamment permanente dans nos décisions de citoyens, alors on devient acteur.

On aurait pu se satisfaire de mettre en place un certain nombre de choses qui rapproche du citoyen, on a fait de très beaux forums, on attache de l’importance aux bassins de vie, on donne une place importante au conseil régional de la jeunesse. Voilà, on fait vivre la démocratie représentative autant que nécessaire.

Au-delà de ces intermédiaires avec lesquels nous sommes en dialogue, en co-construction, il y a parfois des creux importants dans le rapport que ces intermédiaires entretiennent avec le citoyen. Donc il a fallu, et c’est la volonté de toute la démarche qui est engagée, il a fallu aller plus loin. Interroger l’institutionnel, non pas pour le nier, mais pour le faire vivre. C’est entendre des paroles que nous n’entendons pas dans nos instances. Il faut faire ça de manière non gadget. Il faut organiser ça. Il faut l’organiser à travers nos fonctionnements habituels. Il ne faut pas dire on a nos fonctionnements habituels et à côté on ira chercher, vous savez « les citoyens ont leur mot à dire », moi ça me déplait aussi cette expression parce que c’est souvent un alibi. On pense à côté d’eux et puis on leur dit « tiens là-dessus dites votre mot ». Ce n’est pas le mot à dire.

Je crois que globalement on doit, et c’est le but de la Région à travers cette expérimentation 360°, à travers ces prises de parole, ces propositions qu’elles viennent des organisations, qu’elles viennent des structures, qu’elles viennent des citoyens refonder, refonder, refonder. Nous n’avons pas la volonté de dire on va faire fonctionner tel ou tel truc comme ça et on sera tranquilles pour 15 ou 20 ans. Nous avons la volonté de mettre partout des espaces où les gens vont pouvoir s’approprier le sens, interroger le sens de ce qui leur est proposé.

Si on prend un problème concret, celui des transports. La solution elle ne viendra pas simplement d’une négociation meilleure dans une délégation de service public avec un grand opérateur. Elle va venir d’une solidarité à l’échelle d’un hameau ou d’un quartier, elle va venir d’une organisation plus fluide du transport collectif, etc. C’est une modalité permanente d’organisation à partir d’un travail plus global, ouvert sur le sens des choses. »

Voici en synthèse synthétique des paroles entendues, que nous voulions partager avec vous.

Alors autant dire que le schéma local du Sud Touraine actuel semble « décalé » pour ne pas dire préhistorique. Entre d’un côté des élus, la grande majorité d’entre eux, qui s’accrochent à leurs prérogatives d’élus sans prendre la peine entre deux scrutins d’informer, de consulter, de concerter, de co-construire avec leurs administrés, de l’autre des citoyens qui se rendent aux urnes, même s’ils font de moins en moins l’effort, comme des consommateurs au supermarché se fiant à l’emballage du moment et disent au final de ceux qu’ils ont élu « tous les mêmes », des assemblées élues où à l’intérieur même certains se demandent s’ils ne sont pas là pour le décor, tellement ils ont l’impression qu’on leur cache des choses, où les décisions se prennent à 1 ou 2 (voir les articles « Le vide sidéral » et « La mouche qui pique »), on se dit que notre démocratie représentative est bien malade à tous les étages. Ce n’est pas d’hier que nous faisons ce constat, et il semble général.

Un jour, un lecteur du blog m’a dit que c’était bien ce que nous faisions, mais que c’était partout la même chose, donc à quoi bon. Je lui ai répondu que oui, la gouvernance descartoise d’un « roi » solitaire, paresseux et peu inspiré, avant tout soucieux de ses indemnités (voir l’article « Pour une poignée de dollars »), est calamiteuse et mortifère pour la Commune (voir l’article « Le toboggan »), celle de la communauté de Communes Loches Sud Touraine (CCLST) est confiscatoire (voir les articles « Le vide sidéral », « Une mouche qui pique » et « Plan climat : les éoliennes en question »), mais que ce n’était pas une raison suffisante pour ne pas s’intéresser à sa Commune et à sa communauté de Communes, s’en occuper en tant que citoyen concerné. Que si chacun à sa place faisait sa part du travail, les choses pouvaient s’améliorer, changer.

Face à la carence abyssale de l’information institutionnelle locale, criante lors de l’épisode de la fusion des 4 communautés de Communes, la démarche des Fédérés de Descartes a commencé d’ABORD par informer ceux qui nous lisent sur ce qui se passe dans ces assemblées représentatives, puis d’analyser, mettre en perspective et enfin critiquer. Ça commence par l’information, la connaissance, puis l’implication. « Bien informés les hommes sont des citoyens, mal informés ils deviennent des sujets ».

L’initiative de démocratie participative menée depuis un an par le conseil Régional a notre plein soutien et il peut compter sur notre pleine participation, puisque nous avons compris qu’il ne s’agit pas d’un gadget mais d’un changement de paradigme. C’est ce type de démocratie inclusive que nous appelons de nos vœux, celle qui ne dénie pas le rôle de décision et de gestion des élus locaux, mais qu’on voudrait voir enrichie en permanence par les citoyens eux-mêmes. C’est ça une démocratie efficace, pérenne. Nous l’espérons à l’échelle régionale porteuse d’initiatives et de développement, de développement durable, de participation, de co-construction. Il s’agira ensuite que cette démarche infuse l’ensemble de nos collectivités locales, avec nos élus actuels s’ils s’adaptent ou d’autres. C’est la promesse d’un nouveau monde. 

(*) Intervenants par ordre de nomination :

  • Charles Fournier : vice-président de la Région Centre Val de Loire, en charge de la démocratie, aux initiatives citoyennes, au développement rural, à la coopération et à l’égalité
  • Judith Ferrando : docteur en sociologie
  • Florence Boisseau : chargée de mission à la Région Centre Val de Loire
  • Armel Le Coz : chargé de mission Démocratie Permanente, co-fondateur de Démocratie Ouverte
  • Séverine Bellina : directrice de l’Institut de Recherche en gouvernance
  • Loïc Blondiaux : professeur à l’Université Paris 1 Paris Sorbonne, responsable d’un master d’ingénierie de la concertation
  • François Bonneau : Président de la Région Centre Val de Loire

Les caractères en bleu sont des citations orales ou écrites

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2 réflexions sur “PAROLES D’UN NOUVEAU MONDE

  1. Ouais ! Va falloir mettre les crampons et s’accrocher. Avec tout ce qui se passe un peu partout autour de nous on ne peut que constater qu’on est moins dans le constructivisme démocratique que dans l’éparpillement façon puzzle de ce qui fonde nos sociétés. Joyeuses fêtes, cotillons, mirlitons et confettis.

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    1. Ça c’est sûr, ce n’est pas sur le territoire de Loches Sud Touraine que l’on risque de s’éparpiller façon puzzle aux quatre coins du territoire. La seule fois que la population a été consultée, version électronique seulement, ce fut à l’occasion de la fusion des 4 communautés de Communes pour le seul nom de baptême de la bestiole. 208 répondants, 4 votes pour Loches Sud Touraine. Et le résultat fut « Loches Sud Touraine » (voir commentaires de l’article « En culture » du 18 décembre 2016) grâce à un vote très serré des Maires. Comme le dit le président de la Région, les citoyens ont eu leur mot à dire, mais ce n’était qu’un alibi, sur un point accessoire.
      Pour le logo de la CCLST, seuls deux élus ont été à la manœuvre, approuvé en séance plénière en septembre 2017, sans alternative possible. Il n’y a pas eu d’éparpillement.
      Il n’y a pas de raison qu’il en soit autrement en 2018 pour le SCOT, le projet territorial, le Plan Climat. Il y aura sans doute « consultation » de la population mais personne n’assistera au dépouillement des résultats, pas grand monde n’aura accès aux résultats bruts, et les décisions se prendront à huis clos en Bureau à 19, ou peut-être moins encore.
      Sur notre territoire l’éparpillement n’est pas de mise. De la bonne vieille démocratie représentative comme d’antan, et toutes ses conséquences : du désintérêt des habitants de plus en plus marqué, des urnes boudées, des votes extrêmes grandissants.
      Bonnes fêtes de fin d’année à tout le monde.

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